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Les produits bio consommés et importés par bateau plus durables que les locaux !

Agriculture biologique

| par Frédéric Hénin | Terre-net Media

Le marché mondial des produits alimentaires bio en forte croissance se concentre à 98 % en Europe et en Amérique du Nord. Les produits agricoles consommés sont pour une grande partie importés d’hémisphère sud. De prime abord, manger bio ne serait pas donc très « écolo ».

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A moyen terme, le prix de l'énergie pourrait reconduire
à remettre en cause l'intérêt d'importer des produits
bio (© Terre-net Média)
A l’échelle de la France, les zones de production sont réparties de manière très hétérogène et de plus en plus éloignées des zones de consommation : d’où des interrogations par rapport aux principes d’équité et de développement durable, fondateurs de l’agriculture biologique.

Selon l’édition Déméter 2011, si la consommation de produits biologiques se veut durable, il est difficile de justifier l’importation en Europe de céréales biologiques, transportées par bateau du Brésil ou d’Australie. Cependant, les quelques études disponibles montrent que le seul critère de la distance parcourue ne permet pas de juger du niveau de consommation d’énergie, ni des émissions de gaz à effet de serre d’un produit. Des économistes ont même calculé que la consommation des produits importés par bateau de l’hémisphère sud était inférieure à celle des produits locaux, prouvant ainsi l’importance de l’organisation et des volumes gérés par les chaines internationales d’approvisionnement. Dans ces conditions, leur logistique hautement efficace, fondée sur le transport maritime et routier de gros volumes peut s’avérer plus économe que la distribution locale par un véhicule de petite taille, faiblement rempli et effectuant un trajet sur deux à vide.

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Toutefois, le prix croissant des énergies fossiles, ainsi que les taxes qui les frappent pourraient relever la part du transport dans le cout des produits agricoles et donc conduire à reconsidérer les choix géographiques de production.

De plus, ces échanges mondiaux sont perçus peu fiables, notamment en termes de garanties apportées par les cahiers des charges et de contrôles sous-jacents : qu’il s’agisse du soja chinois contenant de la mélanine ou du maïs ukrainien contaminé à la dioxine. Réviser d’ailleurs le régime d’importation des produits biologiques a d’ailleurs constitué l’un des principaux objectifs du nouveau règlement européen de 2007.

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N.B : D'après Déméter 2011 demeter@club-demeter.org

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