Coop de France déshydratation Avec 810.000 t produites, la filière luzerne déshydratée retrouve des couleurs

Terre-net Média

Conditionnée en balles de 400 kg, la luzerne déshydratée a créé un nouveau marché agricole de fourrage à la fois riche en fibres et en protéines sans concurrence directe. 40 % de la production est dorénavant commercialisée sous cette forme.

LuzerneBalles de luzerne, un aliment à la fois riche en fibres et en protéines. (©Desialis)

La filière de la luzerne déshydratée vole de ses propres ailes ! En étoffant à grande échelle sa gamme de produits et en proposant du fourrage sec en balles, elle s’est en partie affranchie de la volatilité des prix des matières premières agricoles, ce qui a redonné de l’espoir à tous des agriculteurs et aux industriels engagés dans cette culture et dans sa valorisation.

Même un peu en recul par rapport à 2013, les prix contractualisés avec les producteurs de luzerne rendraient encore la culture rentable (160 €/t). Il en est tout autrement des céréales victimes d’un net repli des cours depuis des mois.

En balles séchées de 400 kg environ vendues 200-220 €/t sortie d’usine, la luzerne possède à la fois les qualités d’un aliment riche en protéines végétales et en fibres. Et c’est cette double vertu qui permet à ce fourrage, ainsi conditionné, de se positionner en marge des marchés de l’alimentation animale. Il répond en effet aux besoins spécifiques des nombreux éleveurs de ruminants à la tête de troupeaux de plus en plus importants.

Ces derniers sont en effet à la recherche de fourrages riches en fibres, dont ils ne disposent pas toujours en quantités suffisantes, et riches en protéines qu’ils ne produisent pas toujours et qu'ils sont donc contraints d'acheter.

En 2014, la production de luzerne s’est redressée après 15 années de baisse, souligne Coop de France déshydratation dans son communiqué paru le 26 novembre 2014. Elle a atteint 810.000 tonnes, soit une progression de 8 % par rapport à la campagne précédente. L’augmentation de la production repose à la fois sur de bons rendements (14,7 t/ha de matière sèche), sur des surfaces en hausse et sur un taux de protéines de 17,62 %.

1,2 million de tonnes en 2020

Les ventes de balles ont été multipliées par deux en cinq ans et représentent un tiers des ventes de luzerne. A l’export, elles remportent déjà un vif succès notamment au Moyen-Orient où la production de fourrages irrigués sera dans un proche avenir interdite, faute d’eau suffisante dans les nappes phréatiques.

Les responsables de Coop de France misent sur une hausse annuelle de la production de luzerne de 2 à 3 %. Elle atteindrait alors 1,2 million de tonnes en 2020.

En France, les industriels de la déshydratation envisagent d’investir 10 millions d’euros pour acquérir de nouvelles unités de production et de stockage de luzerne en balles (capacités de 40.000 t). Et à moyen terme, ils espèrent que la conjoncture sera suffisamment porteuse pour trouver les capitaux nécessaires pour renouveler le parc de machines des entreprises de déshydratation.

un hectare de luzerne équivaut à 0,7 ha de Sie

Les actions de lobbying conduites avec succès par Coop de France expliquent aussi, en partie, le nouvel attrait pour la luzerne. Des aides couplées de 125 €/ha ont été instaurées et l’équivalent de surface d’intérêt écologique (Sie) d’un hectare de légumineuse est dorénavant de 0,7. Ces décisions définissent pour cinq ans le cadre mis en place par le gouvernement pour renforcer l’autonomie en protéines de la France. Et la culture de luzerne sur une Sie permettra de maintenir davantage de terres arables en production.

La nouvelle dynamique de Coop de France déshydratation est aussi en phase avec les priorités du gouvernement de réduire la dépendance de l’agriculture française aux importations de soja. A ce jour, près de la moitié des protéines végétales consommées sont importées de pays tiers. Or ces derniers vont éprouver de plus en plus de difficultés pour satisfaire la demande mondiale.

Les qualités agronomiques de la luzerne constituent aussi un atout de plus en plus apprécié. La marge brute et semi-nette de la culture ne repose pas seulement sur la vente de la luzerne et sur les faibles charges engagées mais aussi sur les quantités d’azote fixées dans le sol durant la période végétative.

Résultat, les perspectives de développement de la filière sont bonnes et sérieuses. Elles permettent d’entrevoir l’avenir avec une certaine sérénité.


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