Inflexion, la valeur ajoutée est à vous Fast food : chez McDo France, vous mangez aux trois quarts français

Terre-net Média

Souvent décriée, l’enseigne McDonald’s s’efforce depuis vingt ans selon les mots de Jean-Pierre Petit, Pdg France, de « se noyer élégamment dans le paysage de la restauration française ». La proximité et la contractualisation tiennent une place importante dans cette stratégie. Ainsi, près des trois quarts des achats de produits alimentaires se font auprès de partenaires français. Et McDonald’s se félicite d’avoir des accords avec les mêmes fournisseurs depuis plus de dix ans. Un article extrait de Terre-net Magazine n°17.

Une première dans le secteur du blé.
McDonald's France souhaite que la moitié de ses approvisionnements en blé
soient engagés très rapidement sous contrat pluriannuel à prix garanti. (© DR)
En 2011, 70 % des aliments composant les menus des McDonald’s de l’Hexagone pouvaient se parer de la mention "made in France". En effet, en valeur, l’enseigne achète chaque année pour 742 millions d’euros de produits finis alimentaires, dont 569 millions d'euros auprès d’entreprises françaises.

« L’année dernière, 53 % du boeuf, 35 % du poulet, 25 % de la salade, 80 % des pommes de terre et 100 % du blé ont été produits et transformés sur le territoire. Le reste des approvisionnements s’effectue en grande majorité auprès des autres pays de l’Union européenne », explique Sébastien Bordas, directeur des achats pour McDonald’s France.

McDonald’s France représente un débouché non négligeable pour l’agriculture française. En 2011, l’enseigne a acheté, via ses fournisseurs, 27.500 t de boeuf originaires d’environ 42.400 élevages, 36.000 t de blé, dont 80 % de blé de force, issues de 468 exploitations agricoles, 148.000 t de pommes de terre provenant de 340 fermes, 5.200 t de poulet produites dans 306 élevages et 4.245 t de salade cultivées dans environ 80 entreprises agricoles. Le groupe mène une politique de contractualisation dans ses principales filières.

Différents schémas testés

Pour la pomme de terre, McCain conclut des accords annuels avec la production depuis près de trente ans. « Aujourd’hui, la contractualisation porte sur 100 % des volumes, avec un prix garanti, et des contrats pluriannuels (trois ans glissants) sont également en place », détaille le responsable. Il ajoute que « McKey, fournisseur historique en steaks hachés de McDonald’s France, teste depuis sept ans différents schémas de contractualisation en lien avec des groupements d’éleveurs et des abattoirs partenaires ». En 2011, les volumes d’achat de viande sous contrats ont représenté 5 % de l’ensemble des approvisionnements français de McKey, soit 15.000 bêtes.

Depuis plus de dix ans, les approvisionnements en blé pour McDonald’s France sont issus de contrats passés avec la production sur la base, jusqu’en 2007, du prix moyen de la campagne et depuis sur un prix indexé sur le marché Euronext.

En février 2012, East Balt France, fournisseur de petits pains spéciaux pour McDonald’s France, les Grands Moulins de Paris-NutriXo et deux coopératives, Valfrance et Beauce Gâtinais Céréales (Bgc), ont signé un accord qui garantit l’achat par East Balt de 8.500 t annuelles de blé, à prix ferme et garanti, sur les trois prochaines années. « Ce volume représente un quart des besoins du groupe en blé, soit la confection de 700 millions de buns, et implique 495 producteurs. Cet accord est une première dans le secteur du blé en France », se félicite Sébastien Bordas.

Fonction du coût de l’azote

Pour les 2.500 t de blé meunier fournies par Valfrance, le prix d’achat départ coopérative a été fixé à 180 €/t, soit 170 €/t pour l’agriculteur. Les 6.000 t de blé de force, apportées par Beauce Gâtinais Céréales, seront payées 235 €/t, soit entre 205 et 220 €/t pour le producteur selon la teneur en protéines de son produit. « Le prix fluctuera, pour les blés de force, de plus ou moins 25 € en fonction du coût de l’azote », précise Michel Bartolo, directeur de Bgc.

 

Jean-Philippe Béchu, agriculteur à Greneville-en-Beauce (Loiret)
« Une logique de filière à valeur ajoutée »

 

Diversification des débouchés.
Sur 135 ha de Sau, Jean-Philippe Béchu cultive
une cinquantaine d'hectares de blé tendre. (© DR)
« Environ la moitié de mes quelques 50 ha de blé est sous contrats de production. La coopérative de Pithiviers, avec laquelle je travaille à 100 %, a des accords avec des acheteurs mais je ne cherche pas à savoir auprès duquel ou desquels ma production est commercialisée.

Variété ancienne, Courtot a trouvé sa place dans mon assolement, sur 10-12 ha, depuis une dizaine d’années. Il s’agit d’un blé de force utilisé à l’origine par les meuniers pour améliorer les farines. Les caractéristiques de cette variété, très spécifique, sont adaptées à la fabrication des petits pains ronds des hamburgers, les buns. Elle n’a pas d’équivalent pour le moment en France. La région joue depuis longtemps la carte de la qualité plutôt que de la quantité. Courtot s’inscrit bien dans cette logique de filière à valeur ajoutée et participe à la diversification de mes débouchés.

La culture de ce blé, assez sensible au gel et à la sécheresse, est plus délicate dans les régions plus au nord et plus au sud. Courtot, variété alternative, doit être semé durant la deuxième quinzaine de novembre. Il convient bien dans des terres à betteraves libérées tardivement. Une motivation supplémentaire pour la culture d’un blé alternatif.

Cependant, Courtot montre une grande sensibilité à certaines maladies, en particulier au piétin verse, à la rouille jaune et à la septoriose. Il est également sensible aux insectes, particulièrement aux cécidomyies. Sa haute teneur en protéines (14 % minimum) impose un fractionnement des apports d’azote qui sont, en volume, plus importants : de l’ordre de 20-25 % par rapport à un blé tendre traditionnel (Bpmf).

Je contractualise pour le moment un volume annuel. Aujourd’hui, la coopérative via son accord avec McDonald’s propose un contrat sur trois ans à prix ferme. Avant de prendre position sur un volume, je vais étudier les modalités de cette nouvelle formule et mesurer les risques de s'engager sur trois années, notamment en cas d’impossibilité d’honorer les livraisons.

Concernant les contrats actuels, une prime qualité définie chaque année vient compléter le prix du blé standard. En 2011, j’ai réalisé 8,5 t/ha de rendement en Courtot contre 9 à 9,5 t/ha pour les variétés classiques. Les charges opérationnelles atteignent 618 €/ha contre 500-550 €/ha par ailleurs. Et la prime qualité s’est élevée à 60 €/t. De quoi compenser un coût de production supérieur et un rendement moindre. »


Cet article est extrait de Terre-net Magazine n°17

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