Duel de la primaire de la droite Ce qui différencie François Fillon et Alain Juppé sur les questions agricoles

Terre-net Média

Pac, compétitivité, baisses de charges, environnement… Dans le domaine agricole, de nombreuses propositions rassemblent les deux candidats finalistes de la primaire de la droite François Fillon et Alain Juppé. Mais quelques nuances les distinguent.

En tête dans les sondages, Alain Juppé a finalement recueilli 28,6 %, loin derrière François Fillon, fort de 44,1 % des suffrages du premier tour de la primaire de la droite et du centre, dimanche 20 novembre 2016. En tête dans les sondages, Alain Juppé a finalement recueilli 28,6 %, loin derrière François Fillon, fort de 44,1 % des suffrages du premier tour de la primaire de la droite et du centre, dimanche 20 novembre 2016. (©Terre-net Média)

François Fillon, Alain Juppé, mêmes programmes ? Si la majorité des propositions de leur programme pour l’agriculture se rejoignent, certaines nuances subsistent entre les deux finalistes de la primaire de la droite et du centre.

Retrouvez les programmes et interviews des finalistes sur les questions agricoles

François Fillon >> Programme agricole de François Fillon
             >> Interview : « Je m’engage à vous aider à restaurer vos marges »

Alain Juppé >> Programme agricole d'Alain Juppé
           >> Interview : « Je veux accompagner votre volonté d’entreprendre » 

Rappelons que les sept candidats de cette primaire s’étaient tous exprimés sur Terre-net à propos de leur programme agricole. Dont plusieurs d'entre eux en interview exclusive pour l'agriculture. Retrouvez-les sur : Primaire de la droite et du centre Quel candidat a le meilleur programme pour les agriculteurs ? 

Normes

Sur la question des normes, François Fillon est clair : il veut « supprimer toutes les normes françaises ajoutées aux normes européennes déjà contraignantes ».

Alain Juppé veut « mettre immédiatement un terme à la surtransposition des contraintes européennes et revenir sur les règles surtransposées qui pénalisent les agriculteurs. »

Réforme de la Pac

François Fillon veut orienter la Pac sur la « gestion des risques et sur le soutien à l’investissement ». Son ministre de l’Agriculture aurait « comme priorité une participation active à la conception d’une Pac simple, ambitieuse et réactive », avec un budget « maintenu à l’euro près ». Le député « ne veut s’interdire aucun mode d’intervention : assurances, aides directes contracycliques, mais aussi interventions sur les stocks ou les prix ».

Alain Juppé veut « s'engager à peser de tout son poids pour préserver les crédits de la Pac » et pour « redéployer une partie des aides directes pour développer un mécanisme d'assurance revenus ». « La Pac pourrait donc intégrer une assurance revenus ou chiffre d’affaires pour faire face à la volatilité des prix et aux aléas climatiques ». Autrement dit, il est lui aussi favorable à la mise en place d'aides contracycliques.

Contractualisation

François Fillon veut « donner toute liberté aux agriculteurs de se regrouper en OP de taille significative, avec des démarches simples, pour mieux défendre leurs marges ». Il entend « encadrer par la loi, la négociation des contrats, pour que la négociation entre les producteurs et les industriels rééquilibre la négociation entre les industriels et les distributeurs ». Il n’évoque pas explicitement une révision de la loi LME. Il se prononce en revanche pour l’étiquetage de l’origine sur les produits alimentaires, de même que pour l'affichage, sur les produits frais vendus en grande distribution, du prix d’achat au producteur agricole.

Alain Juppé veut « sécuriser les relations entre les acteurs des filières ». Il promet une révision de la LME dans ce sens.

Baisse de charges

François Fillon propose un « choc de compétitivité de 40 Mds€ pour les entreprises françaises, financé par une augmentation de la TVA de 2 % ». Sur ces 40 Mds€, les secteurs agricoles et agroalimentaires bénéficieraient d’environ 2,3 Mds€ de baisses de charges. A cela s’ajouteraient « 570 M€ de baisse des charges sociales sur les salariés agricoles. »

Alain Juppé est moins précis sur ses engagements. Il souhaite « consolider la baisse des charges sociales en assurant leur financement et en y ajoutant une baisse de trois points supplémentaires. »

Fiscalité

François Fillon et Alain Juppé sont sur la même longueur d’ondes. Ils veulent tous deux réformer la DPA (dotation pour aléas), pour en faire un « compte d’épargne » de précaution

Social

François Fillon veut « fusionner toutes les aides sociales en une allocation unique et fusionner la MSA avec le régime général et tous les régimes spéciaux », notamment le RSI.

Alain Juppé, quant à lui, n’a pas fait de propositions précises en matière sociale. Et aucun des deux candidats n’a évoqué dans son programme agricole la question des retraites.

Juridique

François Fillon veut « instaurer la liberté pour les agriculteurs de choisir une structure juridique qui englobe l’ensemble de leurs activités tout en maintenant le statut de producteur agricole ».

Alain Juppé veut « engager la mise à jour du cadre juridique et réglementaire du métier d’agriculteur » pour « mieux protéger les patrimoines personnels des agriculteurs ». « L’activité agricole reste civile, « ce qui la positionne dans une logique plus patrimoniale qu’économique. Or l’agriculture est une activité très capitalistique dans la plupart de ses productions. Il faut donc ouvrir les conditions d’accès aux capitaux, à une transmission et une organisation sociale et juridique plus adaptées aux réalités économiques. » Le candidat mentionne aussi des évolutions de la « politique des structures et du statut du fermage ».

Installation et transmission

François Fillon veut « instaurer un sursis d’imposition au moment de la transmission à un descendant ».

Pour Alain Juppé, les évolutions de la politique des structures et du statut du fermage, de même que « l’ouverture des conditions d’accès aux capitaux et l’adaptation de l’organisation juridique et sociale des exploitations » doivent faciliter la transmission et l’installation des jeunes agriculteurs.

Environnement

François Fillon  veut un « plan de relance et de financement des retenues d’eau raisonnables pour l’agriculture des zones les plus menacées par le changement climatique ». Il veut « supprimer de notre Constitution le principe de précaution et rouvrir la recherche dans les domaines comme la génétique, la fertilité des sols, l’agriculture 3.0. »

Alain Juppé veut lancer « un plan méthanisation en levant les freins qui ralentissent son développement, et notamment en relevant les seuils des régimes de déclaration et d’enregistrement pour alléger les contraintes administratives ».

Accords commerciaux

François Fillon et Alain Juppé restent opposés, en l’état actuel des débats, à la signature d’un accord entre l’UE et les Etats-Unis.


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