Présidentielle 2017 Qui sera ministre de l’agriculture d’Emmanuel Macron ?

Terre-net Média

[Mise à jour] C’est ce mercredi 17 mai 2017 que sera connu le nouveau Gouvernement et le nouveau ministre de l’agriculture. Quelques noms circulent pour prendre la place de Stéphane Le Foll.

Le nom du prochain ministre de l'agriculture ne sera connu vraisemblablement que le 15 mai prochain.Le nom du prochain ministre de l'agriculture ne sera connu vraisemblablement que le 15 mai prochain. (©Terre-net Média)

Dimanche 7 mai à 20 h, Emmanuel Macron est devenu le 8e président de la Ve République française. Selon le calendrier défini par le Conseil constitutionnel et la volonté du président sortant François Hollande, la passation de pouvoir entre les deux hommes se déroulera dimanche 14 mai. Emmanuel Macron annoncera alors officiellement le nom de son Premier ministre. Les membres du Gouvernement, et donc celui qui aura la charge de l’agriculture, devaient être connus mardi 16 mai. Mais l'Elysée a décidé de repousser la nomination au mercredi 17 mai à 15 h.

Le fondateur du mouvement En Marche ! rebaptisé « la République en marche » a d’ores et déjà annoncé qu’il compterait sur un Gouvernement d’une quinzaine de ministres, pas plus (contre 17 actuellement). Dans ce contexte, l’actuel «  ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt » garderait-il son périmètre actuel ? Rien n’est certain.

Au sein de la « garde rapprochée » de l’ancien ministre de l’économie, on peut citer ses deux porte-voix pour son programme agricole.

  • Olivier Allain

Parmi les spécialistes agricoles qui l’ont rallié, il y a d’abord Olivier Allain. Cet agriculteur installé depuis 27 ans à Corlay dans les Côtes-d’Armor est vice-président de la région Bretagne en charge de l’agriculture. Avant d’être élu à la région sur la liste de Jean-Yves Le Drian, lui aussi rallié – de poids - à Emmanuel Macron, il était président de la Chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor. Sa candidature aux législatives a été confirmée: il figure sur la liste des 428 premiers candidats investis par La République en marche, publiée jeudi 11 mai.

  • Audrey Bourolleau

Citons également Audrey Bourolleau, également conseillère agricole du candidat et référente nationale d’En Marche! sur l’agriculture et la ruralité. Niortaise de 37 ans, elle est déléguée générale de l’association Vin et société, qui fédère et défend l’ensemble de la filière viticole française. Une femme issue de la société civile au poste de ministre de l’agriculture serait une grande première ! A l'inverse d'Olivier Allain, elle ne figure pas sur la liste des premiers investis pour les législatives.

  • François Patriat

Notons par ailleurs que, parmi « les proches » d’Emmanuel Macron, figure un ancien ministre de l’agriculture : François Patriat. Vétérinaire de formation, il a occupé la fonction pendant les deux derniers mois du gouvernement Jospin. Parce qu'Emmanuel Macron défend un certain renouvellement du paysage politique, François Patriat a tout de même peu de chances de se voir proposer le poste.

Il demeure un point faible à ces personnalités : leur manque d’expérience européenne. Car il faut bien l’avouer : l’expérience de Stéphane Le Foll en tant que député européen a été, lors de sa nomination en 2012, un atout reconnu par la profession agricole. Avec une réforme de la Pac qui se négociera dans les prochains mois et jusqu’en 2020, cette qualité requise reste nécessaire voire indispensable.

Emmanuel Macron a insisté sur sa volonté de propulser des personnalités de la société civile dans son Gouvernement. Les noms cités pour l’agriculture en témoignent. Mais pour intégrer la dimension européenne qui sera indispensable lors de ce nouveau quinquennat, il est possible, voire probable, que le président retienne une personnalité politique avec davantage d’expérience.

La « pression » agricole déjà en marche

Sans attendre de connaître le nom de celui, ou celle, qui aura la tâche de mettre en œuvre les chantiers promis par Emmanuel Macron, la profession agricole a d’ores et déjà rappelé ses exigences.

A la FNSEA, on se félicite qu’ait prévalu « le choix d'une France forte dans une Europe protectrice et ouverte sur les grands enjeux ». « Pour cela, la FNSEA attend que ses treize propositions pour les 200 premiers jours soient reprises dans la feuille de route du prochain ministre. (…) Nous avons besoin aussi d'un ministre très présent et impliqué à Bruxelles, car sans l'Europe, l'agriculture n'a pas d'avenir. »

La Coordination rurale, de son côté, « espère que le nouveau chef de l’État a pris la juste mesure de la profonde crise qui frappe les agriculteurs. » « Le plus gros enjeu du quinquennat à venir est sans nul doute la négociation de la prochaine réforme de la politique agricole commune. Il est vital que la France défende l’exception agriculturelle pour permettre une Pac protectrice et régulatrice, avec l’aide d’autres États membres », rappelle le syndicat.

« Les travaux sur la prochaine Pac, la négociation du Brexit et le développement des négociations bilatérales seront cruciaux pour l’agriculture française et européenne », estime Claude Cochonneau, président des Chambres d’agriculture.

Et vous ? Qui verriez-vous au poste de ministre de l’agriculture capable d’apporter des solutions à vos difficultés ? N'hésitez pas à réagir par vos commentaires !


[Version du 4 mai 2017]

Pendant l’entre-deux tours, la rédaction de Terre-net avait publié une première version de cet article en évoquant les noms possibles du futur ministre de l’agriculture, à la fois pour le camp d’Emmanuel Macron, mais aussi pour celui de Marine Le Pen qui, le 7 mai 2017, n’a finalement obtenu que 33,94 % des suffrages exprimés. Voici les noms qui étaient évoqués pour la candidate du Front national.

Un député européen pour Marine Le Pen ?

Du côté de Marine Le Pen , il est plus difficile d’avancer quelques noms. Le « ticket » obtenu avec Nicolas Dupont-Aignan , assuré d’être Premier ministre si la candidate du Front national accède à l’Elysée, rebat les cartes. Et, c’est un comble pour une candidate qui défend une renationalisation de la Pac et qui envisage une sortie de l’Union européenne, les trois noms pouvant être cités sont tous des députés européens.

  • Philippe Loiseau

A commencer par Philippe Loiseau. Céréalier en Eure-et-Loir, l’élu européen est membre de la commission agriculture du Parlement européen . Il est par ailleurs conseiller régional du Centre et secrétaire régional Front national. Il est le seul responsable politique au FN à être du « sérail » agricole.

  • Gilles Lebreton

Gilles Lebreton aussi est député européen . C’est lui qui est venu défendre le programme agricole de Marine Le Pen devant les représentants du syndicat national de la presse agricole et rurale.

  • Edouard Ferrand

On peut aussi citer un troisième député européen : Edouard Ferrand. Egalement membre de la commission agriculture au Parlement européen, il est le chef de la délégation Front national au sein de l’institution.

En tenant compte de la « carte » Nicolas Dupont-Aignan, nous aurions pu citer Anne Boissel . Agricultrice dans le Calvados, elle était vice-présidente de Debout la France jusqu’au 29 avril dernier. Elle a démissionné de Debout la France suite au ralliement de Nicolas Dupont-Aignan à la candidate frontiste.

  • Steeve Briois

Notons enfin que le site web planet.fr citait en septembre 2015 Steeve Briois, maire d’Hénin-Beaumont, comme possible ministre de l’agriculture pour sa connaissance de la ruralité.

Les législatives forcément décisives

Mais il est possible que le futur ministre de l’agriculture ne soit pas cité ci-dessus. Car l’autre point commun aux deux finalistes est qu’ils ont une majorité parlementaire, non pas à préserver comme pour le PS, ni à reconquérir comme pour les Républicains, mais tout simplement à construire.

La composition du futur gouvernement sera fonction, non pas des résultats du 7 mai, mais de ceux du 18 juin ! Dans le cas de Marine Le Pen, tout dépendrait de la capacité de ses équipes à constituer une majorité parlementaire. Dans le cas d’Emmanuel Macron, il en va davantage de la capacité de son mouvement à rallier d’autres soutiens, de gauche comme de droite. Dans ce contexte, il est fort possible que le futur ministre ne soit pas un spécialiste du secteur agricole.

Et vous ? Qui verriez-vous au poste de ministre de l’agriculture capable d’apporter des solutions à vos difficultés ? N'hésitez pas à réagir par vos commentaires !
(article paru le 04/05/2017 à 18h02, modifié le 10/05/2017 pour publication mise à jour le 11/05/2017 à 6h02)
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