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Gaspillage du foncier : un même combat, mais deux manières de dénoncer

Elections Chambres d’agriculture 2013

| par | Terre-net Média

Sur la question de la consommation des terres agricoles, Jeunes agriculteurs et la Confédération paysanne sont sur la même longueur d’onde. Mais les deux syndicats s’opposent sur la méthode employée pour dénoncer le gaspillage.

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préservation du foncier agricole
JA a adressé une lettre aux parlementaires et élus locaux pour demander la limitation de la consommation des terres
agricoles, accompagnée d'une enveloppe de terre en guise de cadeau "précieux et rare". (© Terre-net Média)

Pour la troisième année consécutive, Jeunes agriculteurs renouvelle sa "semaine nationale de la préservation du foncier agricole" du 5 au 9 novembre 2012. Une semaine au cours de laquelle, dans de nombreux départements, des représentants du syndicat sensibiliseront leurs élus locaux à la question du gaspillage des terres agricoles. Ces derniers sont considérés comme les principaux responsables car ce sont souvent eux qui avalisent des projets jugés gourmands en foncier.

A cette occasion, JA a adressé un courrier aux maires, sénateurs, députés, présidents de Conseil régional ou général et présidents de Communautés de communes, accompagné d’une petite enveloppe de terre. « Un cadeau qui sera bientôt un bien rare et précieux si l’on ne freine pas la perte du foncier agricole », explique François Thabuis, le président de JA.

Les terres agricoles moins bien loties que les surfaces boisées

Dans sa lettre aux élus, JA demande la suppression de la compensation des défrichements de parcelles boisées au détriment des terres agricoles. Cette compensation légale, impose le reboisement du double de la surface déboisée pour les aménagements urbains ou routiers. Si cette compensation permet à la forêt française de progresser, elle constitue souvent une double peine pour l’activité agricole.

Le syndicat veut, par ailleurs, faire de la Commission départementale de la consommation de l’espace agricole (Cdcea), créée par la loi de modernisation agricole de juillet 2010, le maillon central d’une coordination territoriale de toutes les décisions impactant la consommation de foncier agricole.

Alors que le syndicat défendait jusqu’à présent une augmentation sensible de la taxe assise sur le changement des terres agricoles, taxe que JA avait obtenu dans la loi de juillet 2010, il demande désormais un doublement de la « taxe sur le foncier non bâti pour les terres inexploitées et non soumises à bail et pour les terres manifestement sous-exploitées ».

Face aux élus, la sensibilisation… ou l’affrontement

A l’image de cette interpellation postale, les opérations de sensibilisation que Jeunes agriculteurs privilégie tranchent avec les actions de la Confédération paysanne.

Car, comme il a pu le faire en 1999 lorsque José Bové s’est érigé en premier opposant à la malbouffe en démontant le Mc Donald’s de Millau, le syndicat emmené par Philippe Collin préfère s’attaquer à ce qui est devenu un symbole national en matière de consommation de foncier : le projet d’aéroport du Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes (44).

Depuis de nombreuses années, le syndicat soutient activement les opposants à la construction de cet aéroport qui va consommer 1.500 ha de terres agricoles, et dont le principal défenseur n’est autre que l’ancien maire de Nantes et actuel premier Ministre Jean-Marc Ayrault.

Ainsi, la Confédération paysanne dénonce « ce type de projet en total décalage avec les enjeux locaux et nationaux : préservation des terres agricoles, souveraineté alimentaire, défense de l’emploi agricole, vitalité des territoires, maintien des zones humides...».

Et depuis mi-octobre 2012, le syndicat soutient ses adhérents qui, sur des lieux devenus champs de bataille, défendent de véritables barricades et autres tranchées érigées contre les opérations policières menées par l’Etat pour évacuer les lieux.

Des moyens de pression différents pour une cause toujours veine

Si la manière diffère, la Confédération paysanne a pourtant des revendications proches de celles de JA : transparence de la publicité foncière, augmentation des taxes sur les plus-values, renforcement du pouvoir de la Commission départementale de consommation des espaces agricoles, compétence sur les documents d’urbanisme à des autorités moins dépendantes des enjeux locaux…

Seulement, quelle que soit le mode d’action utilisé, la préservation du foncier agricole semble être encore une cause perdue : en France, l’équivalent de la surface agricole du département de la Marne disparaît en moins de dix ans. A Notre-Dame-des-Landes, les forces de l’ordre s’activent à déloger les opposants, pour permettre le début des travaux.

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