Primaire de la Gauche « L’agriculture humaniste responsable et citoyenne » de Sylvia Pinel

Terre-net Média

Candidate du Parti radical de Gauche (PRG) à la primaire de la Belle alliance populaire en vue de la Présidentielle 2017, Sylvia Pinel défend un changement de modèle agricole, s’opposant à la financiarisation de l’agriculture et défendant une réorientation des aides de la Pac en tenant compte de « l’unité de travail humain », plutôt que des hectares en production.

Sylvia Pinel, candidate du Parti radical de Gauche à la primaire de la Gauche et à l'élection présidentielle 2017.Sylvia Pinel, candidate du Parti radical de Gauche à la primaire de la Gauche et à l'élection présidentielle 2017. (©Parti radical de Gauche)

« Jean-Michel Baylet et Sylvia Pinel se sont toujours souciés du monde agricole. Et dans le contexte actuel, ils ne relâchent pas leurs efforts », expliquait le 18 octobre dernier un article de La Dépêche. Ce jour-là, le ministre de l’aménagement du territoire et la députée candidate à la primaire de la Gauche en vue de la présidentielle 2017 rendaient visite à un éleveur du Tarn-et-Garonne. Mais, à la lecture du programme du Parti radical de Gauche (PRG) qu’elle représente à cette primaire, il faut fouiller un long moment avant de trouver la proposition – parmi une cinquantaine – qui concerne le secteur agricole.

Primaire de la Gauche :
demandez le programme !


Comme pour celle de la Droite et du Centre, Terre-net décortique pour vous les propositions agricoles des sept candidats à la primaire de la Gauche, dont les deux tours de scrutins se dérouleront les 22 et 29 janvier 2017.

Dans son chapitre évoquant « la réforme au service de l’emploi », Sylvia Pinel et le PRG proposent « une agriculture humaniste, responsable et citoyenne ».

« La crise de l’élevage que nous traversons est en réalité une crise de modèle, qui ne sera surmontée qu’en posant les bases d’un nouveau modèle agricole. Les Radicaux défendent une agriculture citoyenne, qui réponde aux attentes sociétales dans le respect de la biodiversité, des équilibres et des ressources naturelles et de la santé », écrit le PRG.

Importante dimension stratégique

Le parti se prononce clairement contre la financiarisation  d’un « secteur qui continue de revêtir une importante dimension stratégique » et entend « remettre l’agriculture au service des citoyens et développer un modèle durable respectueux de l’environnement. »

Dans son programme agricole, Sylvia Pinel se concentre sur la Pac et veut « profiter du bilan de santé à mi-parcours pour véritablement et significativement réorienter la Pac vers les modèles les plus vertueux ». Elle veut défendre l’attribution d’aides par unité de travail humain, plutôt que par hectare, « dont les éleveurs en modèle herbagé seraient inévitablement les grands bénéficiaires ». La candidate se prononce pour une « plus grande progressivité des aides au revenu comme à la production » et propose ainsi une aide « systématique à la pluriactivité, à la rénovation de l’habitat, et des outils de mutualisation des risques d’investissement face aux variations croissantes des cours ». Elle est toutefois favorable au développement des assurances-récoltes « pour les agriculteurs aux pratiques vertueuses, notamment contre les risques liés aux aléas climatiques et sanitaires ».

Moins de chimie sur les céréales

Le tout serait évidemment soumis à contreparties. « Dans une forme de réciprocité », la candidate du PRG exigerait « une réorientation des productions agricoles qui reviendraient vers des fondamentaux agronomiques, hier appelés « bon sens paysan », allumant des cercles vertueux, permettant des avancées significatives » dans plusieurs domaines.

Sylvia Pinel veut « réduire l’usage de substances de synthèse sur les surfaces céréalières, grâce à un modèle agronomique autonome sachant mobiliser des ressources parfaitement gratuites et parfaitement inépuisables (azote organique, carbone, lumière, vie des sols, biodiversité, etc.). Comme sur les herbages, supports de production d'une ration équilibrée en énergie et en protéines, remplissant ses vocations territoriales de stockage et d’épuration de l’eau avant qu’elle ne rejoigne le littoral, tout en restant des formidables zones de séquestration du carbone, participant à lutter contre le changement climatique. » À ce stade, la candidate ne se prononce pas sur des objectifs chiffrés.

Redonner du sens aux signes officiels de qualité

Le modèle défendu par Sylvia Pinel met en avant la production d’herbe. Les aides de la Pac seraient soumis à une « réaffirmation des liens du terroir, avec des herbivores mangeant de l’herbe, des productions végétales identitaires à l’origine de produits à hautes valeurs organoleptiques, redonnant du sens aux signes officiels de qualité ».

La candidate du PRG veut « restaurer des zones prairiales et cultivées à forts enjeux patrimoniaux, hébergeant une vaste biodiversité faunistique et botanique, préservant la qualité de l’eau, et proposant des paysages remarquables et originaux (agroforesterie) ». Les questions de bien-être animal et de santé des consommateurs sont également évoquées, mais pas détaillés davantage. Il en est de même pour sa « priorité donnée aux circuits courts, à l’agriculture biologique dans son ensemble et la qualité des productions agricoles ».

Retrouvez dans les prochains jours, la synthèse des programmes agricoles de Jean-Luc Bennahmias, François De Rugy, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Manuel Valls.

© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net
Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous