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L'agroécologie ou comment l'agriculture peut « produire autrement »

Pratiques de production

| Afp

« Il faut inventer un nouveau modèle ». Depuis des mois, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, le répète à l'envi : les agriculteurs peuvent trouver une voie intermédiaire entre productivisme et écologie, comme il souhaite le prouver lors d'une conférence nationale mardi.

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Conférence sur l'agroécologie
Mardi, le ministre annoncera un plan « agroécologie ». Il reposera sur des initiatives déjà lancées comme
le plan Ecophyto. (© Terre-net Média)
Mardi, les spécialistes d'agroécologie seront réunis au Conseil économique, social et environnemental pour mettre en lumière ces pratiques de production différentes. Les organisations d'agriculteurs sont circonspectes face à cette volonté de mutation. A l'heure où Bruxelles souhaite "verdir" la Politique agricole commune, Stéphane Le Foll veut « créer une dynamique, quelque chose qui dépasse le débat sempiternel » entre productivisme et écologie. Pour cela, le gouvernement a lancé en septembre un portail collaboratif (agriculture.gouv.fr/Produisons-autrement) où les agriculteurs sont invités à partager leurs expériences.

Mardi, le ministre annoncera un plan « agroécologie ». Il reposera sur des initiatives déjà lancées comme le plan Ecophyto (pour réduire l'utilisation de produits phytosanitaires), celui visant à limiter les antibiotiques, celui pour la préservation des abeilles et enfin le plan protéines végétales pour l'alimention animale.

Le gouvernement envisage des mesures concrètes comme une fiscalité incitative pour limiter le recours aux produits phytosanitaires. Cette mesure, comme d'autres non précisées, sera intégrée au projet de loi d'avenir de l'agriculture, au 2e semestre 2013, indique-t-on au ministère. Mais le ministre ne veut pas fixer d'objectif chiffré. « On s'est fixé des objectifs ambitieux » comme limiter de 50 % l'utilisation des phytosanitaires dans le Grenelle de l'Environnement, « où on en est aujourd'hui ? », demande Stéphane Le Foll.

L'agroforesterie

A la Fnsea, on assure « qu'il faut trouver une voie médiane », tout en insistant sur « la liberté de produire ». Les agriculteurs se disent accablés de normes réglementaires, environnementales notamment. Et on a hâte de voir « comment la politique agricole pourra accompagner » cette mutation, explique Christiane Lambert, première vice-présidente. Car « il ne faudrait pas que ça reste fumeux ».

Pour la Confédération paysanne, soucieuse de la pérennité des ressources naturelles, « l'approche agronomique est intéressante » mais on redoute « l'approche modèle » qui sanctuariserait certaines pratiques. Philippe Collin, porte-parole du syndicat, prend avec des pincettes la technique des sols couverts (planter des végétaux pour éviter qu'ils ne restent nus l'hiver par exemple). « Aujourd'hui, la mise en œuvre de ces couverts permanents repose sur l'utilisation systématique du RoundUp », désherbant de Monsanto, regrette Philippe Collin. Selon lui, « la démarche la plus intéressante est de redonner sa place à l'agroforesterie et d'arrêter d'opposer l'agriculture à l'arbre ».

L'agroforesterie, association de la plantation d'arbres et de l'agriculture, fait partie des cinq axes de travail du gouvernement avec la question de la conservation des sols (pour moins de produits phytosanitaires), celle de l'eau, l'autonomie de l'approvisionnement en alimentation animale pour les éleveurs et la question du conseil aux agriculteurs.

Le conseil, c'est très important, souligne Philippe Collin, car aujourd'hui les agriculteurs « sont entourés de tellement d'organismes qui leur disent que la solution se trouve dans les bons engrais chimiques ». L'enseignement et la recherche devraient aussi figurer dans le plan, explique le ministre. « L'enjeu est de lever les scepticismes » et de montrer qu'on peut verdir son exploitation sans perte de revenus, ambitionne le ministère.

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