Présidentielle 2017 La FNSEA présente aux candidats son programme « prêt à voter »

Terre-net Média

La FNSEA a présenté mardi 13 décembre 2016, à destination des candidats à la Présidentielle 2017, un programme de 13 mesures à mettre en œuvre dans les 200 premiers jours du prochain quinquennat. Des mesures pour « un nouveau souffle pour l’agriculture française » qui répondent à trois maîtres-mots : « compétitivité, résilience et durabilité ».

De gauche à droite, Christiane Lambert, Henri Brichard, Xavier Beulin et Jérôme Despey le 13 décembre 2016 lors de la présentation des 13 mesures pour la présidentielle 2017.De gauche à droite, Christiane Lambert, Henri Brichard, Xavier Beulin et Jérôme Despey le 13 décembre 2016 lors de la présentation des 13 mesures d'urgence que le syndicat défend pour la présidentielle 2017. (©Terre-net Média)

La FNSEA ne veut pas attendre le prochain salon de l’agriculture, qui s’apparentera aussi à un défilé de candidats à la Présidentielle 2017, pour exposer ses revendications pour sortir l’agriculture française de la crise. Mardi 13 décembre, Xavier Beulin, accompagné des principaux leaders du syndicat, a présenté un programme "prêt à voter" de 13 mesures à mettre en œuvre dans les 200 premiers jours du prochain quinquennat, pour que l’agriculture gagne « en compétitivité, en résilience et en durabilité ».

Les 13 mesures défendues par la FNSEA se regroupent en quatre axes. Pour « redonner des marges de manœuvre aux agriculteurs, le syndicat réclame toujours la mise en place d’une « TVA sociale » pour pouvoir supprimer totalement les cotisations famille et maladies, « soit 8,29 points de cotisation ». Il souhaite aussi une hausse du taux de crédit d’impôt compétitivité emploi et une révision du dispositif fiscal de la DPA (Dotation pour aléas) pour en faire une « réserve de précaution » au champ d’application plus large.

En matière « d’équité dans les filières », la FNSEA revendique une réforme du cadre réglementaire des relations commerciales, tout en se félicitant des avancées apportées par la loi Sapin 2. Le syndicat dénonce surtout le manque de vision stratégique en France et en Europe pour son agriculture. « Oser une politique de l’offre, c’est ce que nous attendons des candidats », a expliqué Xavier Beulin. « Les Etats-Unis ont développé une politique sociale qui permet de soutenir leur agriculture. Pendant ce temps, il n’y a pas de réelle vision. »

Concernant les normes, le syndicat semble avoir été largement entendu par les postulants à la candidature de la droite et du centre : tous, et en particulier le vainqueur François Fillon, ont repris à leur compte la proposition « d’arrêter immédiatement toute surtransposition des normes européennes ».

6 milliards d’euros pour moderniser l’agriculture

Et pour « préparer l’avenir », la FNSEA souhaite un « grand plan national d’investissement agricole 2017-2022 » d’un montant de 6 milliards d’euros. « Les besoins de modernisation de l’agriculture française sont immenses et urgents », argumente le syndicat. Outre un statut de l’agriculteur professionnel, « pivot d’une nouvelle politique agricole qui offrira un cadre protecteur aux agriculteurs », le syndicat réclame l’inscription d’un « principe d’innovation » dans la charte de l’environnement. Un principe qui vise à contrebalancer celui de précaution, si souvent dénoncé par le syndicat. « Ne revenons pas sur les OGM, ce n’est plus le débat, a illustré Xavier Beulin. Mais nous devons avancer sur les NBT, les nouvelles techniques de sélection variétale. »

Le 1er septembre, quelques jours avant l’annonce par Manuel Valls d’un plan de consolidation de refinancement des exploitations, le syndicat avait organisé un grand meeting syndical à Lamotte-Beuvron. Les 13 propositions d’urgence pour la présidentielle sont directement issues des 60 revendications que le syndicat avait alors rappelées.

Avec ces propositions, « nous voulons nous inviter dans le débat présidentiel», a ajouté Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la FNSEA. Le syndicat a demandé des rendez-vous aux candidats déjà déclarés pour discuter de ces mesures.

En clair, la FNSEA vient d’adresser un bon de commande aux différents candidats à l’Elysée. A charge pour ces derniers d’approuver les revendications du syndicat majoritaire. Lors du prochain salon de l’agriculture, le syndicat compte bien « mettre en scène », l’approbation ou la désapprobation des candidats qui défileront sur son stand, à l’égard de ses revendications. Le syndicat a aussi demandé des rendez-vous aux candidats déjà déclarés pour discuter de ces mesures.

Les candidats à la présidentielle 2017 devraient aussi avoir l’occasion d’exprimer leurs positions directement devant les agriculteurs de la FNSEA et les représentants du Conseil de l’agriculture française : la FNSEA entend renouveler, lors de son prochain congrès en mars prochain à Brest, son opération de « grand oral » des candidats que le syndicat avait organisé en 2012 à Montpellier.


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