Présidentielle 2017 Le lobby bio monte au créneau

Terre-net Média

Plus de surfaces, plus de producteurs, plus de produits, plus de commerçants pour répondre à toujours plus de demandes : la filière biologique, associant tous les acteurs, du producteur aux magasins spécialisés, pousse les candidats à la Présidentielle 2017 pour signer un « pacte » visant à faire de la France le « premier pays bio en Europe ».

Les candidats à la Présidentielle 2017 sont invités par les acteurs de la filière bio à signer le Les candidats à la Présidentielle 2017 sont invités par les acteurs de la filière bio à signer le "pacte bio 2017". (©Terre-net Média)

Loin de la pression médiatique qui entoure les « affaires » de certains candidats à la Présidentielle 2017, en particulier celle qui touche François Fillon et sa femme Pénélope, la filière biologique s’organise et passe à l’offensive. Mercredi 8 février 2017, dans un amphithéâtre en sous-sol d’une auberge de jeunesse parisienne, la Fnab, la commission bio de Coop de France et le Synabio ont convié six candidats ou leurs représentants à exposer leurs propositions en faveur du développement de la production biologique. Yannick Jadot, candidat d’Europe-Ecologie-Les Verts, ainsi que les représentants de Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen ont débattu avec les acteurs de la filière.

Pour ces derniers, il s’agit surtout d’assurer des soutiens financiers plus stables. « Nous n’avons aucune visibilité sur les aides à la conversion et au maintien à l’agriculture biologique », a insisté Stéphanie Pageot, présidente de la Fnab. « Nous n’avons même pas encore reçu le solde des aides bio pour 2015 et 2016 », qui déplore une cacophonie depuis que les régions ont repris la gestion des aides du second pilier de la Pac.

Chaque jour, 21 exploitations agricoles se convertissent à la production biologique.

Surtout, les aides ne sont pas « suffisantes » pour accompagner le développement d’une filière dont le marché a évolué, en valeur, de 20 % en 2016. 21 fermes se convertissent au bio chaque jour, selon la Fnab. Et de l’autre côté de la chaîne, « un nouveau magasin spécialisé bio ouvre tous les deux jours », ajoute Jean Verdier, président du Synabio, syndicat regroupant 350 entreprises bio et représentant 50 % du chiffre d’affaires effectué par la filière.

Avec la commission bio de Coop de France, la Fnab et le Synabio veulent faire signer un « Pacte bio 2017 » par le plus grand nombre d’élus locaux, de parlementaires et de candidats à la Présidentielle 2017. Ce « pacte pour une agriculture et une alimentation d’intérêt général » regroupe huit engagements pour soutenir l’ensemble de la filière, de la production à la distribution et, in fine, « faire de la France le premier pays bio d’Europe ». Rappelons que la France est actuellement troisième en termes de surfaces cultivées et deuxième en matière de consommation.

En savoir plus >> le site du pacte bio 2017 : www.pactebio2017.com

Selon les représentants de la filière, 581 élus locaux et parlementaires ont d’ores et déjà signé le document.

Pour obtenir un accompagnement à la hauteur du développement de la filière, les promoteurs du pacte bio 2017 ne manquent pas d’arguments : « Des exploitations biologiques emploient en moyenne 50 % de main-d’œuvre en plus que des exploitations conventionnelles. La production bio contribue fortement à une plus grande diversité des cultures, à une meilleure préservation des sols et de l’environnement. Elle contribue aussi à la diversité des productions dans les régions, et, avec les emplois directs et indirects, au développement du tissu économique local. »

Tous les deux jours s’ouvre un nouveau magasin spécialisé biologique.

Au-delà de la promotion de ce pacte bio, ses promoteurs souhaitent « une reconfiguration totale de la Pac », pour que cette dernière soit plus favorable au mode de production. La question de l’incitation législative à la consommation de produits bio dans la restauration collective apparaît également cruciale. « L’introduction significative de produits bio dans la restauration collective publique et privée permettrait de développer des projets alimentaires territoriaux à forte valeur ajoutée locale ».


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net
Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous