23e congrès de la Coordination rurale Les prochaines élections Chambres dans le viseur de Bernard Lannes et son équipe

Terre-net Média

Plus de 500 agriculteurs de la Coordination rurale étaient réunis à Tours pour le 23e congrès du syndicat. Les priorités de la nouvelle équipe syndicale, toujours présidée par Bernard Lannes, sont claires : défendre la régulation au sein de la future Pac et bouleverser le paysage syndical lors des prochaines élections des Chambres d'agriculture en janvier 2019.

Congrès de la CR 2016Le 23e Congrès de la Coordination Rurale sonne comme le début de la campagne électorale pour les élections Chambres d'agriculture 2019.  (©Terre-net Média)

En marche vers les élections Chambres d'agriculture 2019 : tel pourrait être le slogan des nouveaux représentants nationaux de la Coordination rurale, qui ont été élus mercredi 7 décembre 2016 pour un mandat de trois ans. Pour Bernard Lannes, président renouvelé dans ses fonctions, le 23e congrès de la Coordination rurale, organisé à Tours, sonne déja comme le début d'une campagne électorale visant à mettre le couple FNSEA-JA en majorité relative, et non plus absolue. « Nous voulons plus que jamais rééquilibrer le paysage syndical en défendant la régulation et l'obtention de prix rémunérateurs », martèle l'agriculteur.

« Les choses sont en train de changer », fait remarquer Véronique Le Floc'h, actuelle présidente de l'OPL et désormais secrétaire générale de la CR. « Avec la crise agricole, le désarroi et le mal-être des agriculteurs, nos arguments sont de mieux en mieux entendus par nos collègues, notamment les jeunes », renchérit François Lucas, qui a quitté le comité directeur mais qui se verra probablement nommer président d'honneur du syndicat. Signe, peut-être, d'une affection croissante pour les arguments de la CR : à Tours, dans un département où le syndicat avait réalisé un bon score aux précédentes élections Chambres, les agriculteurs étaient plus nombreux que lors des précédents congrès, entre 500 et 600. Mais a contrario, « une meilleure conjoncture en 2017 et 2018 - ce que je souhaite évidemment - ne sera pas forcément favorable au syndicat », reconnait l'ancien vice-président.

« On se met en ordre de bataille dès 2017 pour être prêts fin 2018 et rééquilibrer le paysage syndical. De toute façon, si la FNSEA continue comme cela, elle va se diviser en deux, entre ceux qui ne démordent pas de sa ligne syndicale, et ceux qui préfèreront défendre vraiment les paysans », assure Bernard Lannes.

Sur le fond, Bernard Lannes et son équipe comptent défendre une ligne syndicale « qui n'a pas changé d'un iota » : « nous voulons des prix, pas des primes. » Pour que les agriculteurs puissent obtenir de meilleurs prix, la CR défend une vision de la régulation différente du syndicalisme majoritaire. « Il faut non pas une régulation par le développement de l'assurance privée. Il faut des dispositifs européens pour réguler la production. »

Avant les élections des Chambres d'agriculture, la Coordination rurale compte bien faire entendre sa voix lors de la campagne pour la Présidentielle 2017. « Nous allons amener les candidats dans nos fermes pour leur expliquer la situation et nos revendications. »

A chaque congrès, du grain à moudre

Comme à chaque congrès, la CR s'est attachée, encore en 2016, à inviter des intervenants non consensuels sur des thématiques diverses. Cette année, il était question de bien-être animal, de relation entre les agriculteurs et les citoyens, et surtout de gouvernance des coopératives. Ce dernier thème, cher au syndicat, a fait largement réagir les congressistes. Xavier Hollandts, professeur associé à la Kedge Business School et auteur d'un référentiel sur la gouvernance des coops, a délivré un argumentaire acerbe sur l'organisation de la majorité des coopératives françaises. 

« Les agriculteurs ont perdu le pouvoir et la capacité d'orienter le fonctionnement des coopératives. La valeur ajoutée s'évapore dans la technostructure et les salaires, explique-t-il, lui qui a « étudié le fonctionnement d'une centaine de coopératives agricoles françaises et d'autres pays. Souvent en France, il n'y a pas de projets pour les agriculteurs. Les projets sont tournés vers le développement de l'entreprise, vers des investissements à l'étranger. »

« Les coopératives peuvent être une bonne solution, mais à la seule condition qu'elles soient bien gouvernées. Or aujourd'hui, les trois quarts des coopératives ont une mauvaise gouvernance », a-t-il asséné devant un public conquis. « Que font les syndicats ? Dans le paysage syndical français, certains préfèrent le statu quo. Mais si vous n'êtes pas offensifs sur ce sujet, vous allez vous faire bouffer. »


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