Réactions à la nomination de J. Mézard « Un homme de terrain et de dialogue » pour la FNSEA

AFP

Jacques Mézard, nouveau ministre de l'agriculture, est un « homme de terrain et de dialogue ancré dans le territoire » a salué la présidente du principal syndicat agricole FNSEA, Christiane Lambert, après la nomination du sénateur du Cantal au poste occupé jusqu'à présent par Stéphane Le Foll.

Les deux autres syndicats agricoles, la Confédération Paysanne et la Coordination rurale, ont souligné « l'urgence » d'agir pour garantir un revenu aux agriculteurs en raison de la situation « grave » (Confédération), voire « catastrophique » (Coordination), qui prévaut dans les campagnes.

Pour la FNSEA, syndicat majoritaire dans l'agriculture, le choix de l'intitulé du ministère, « de l'agriculture et de l'alimentation », est une « bonne chose », a estimé Christiane Lambert, jointe au téléphone alors qu'elle examinait les ravages des gels récents dans un vignoble de Haute-Garonne. Ce choix implique « toute la filière » alimentaire, de la production à la distribution en passant par la transformation jusqu'au consommateur, a-t-elle dit, « ce à quoi nous sommes très attachés », car toute cette chaîne représente « 14 % de l'emploi en France ». « Je vais appeler Jacques Mézard dès ce soir, j'espère le rencontrer le plus vite possible » a ajouté Christiane Lambert.

La responsable a rappelé les trois priorités de son syndicat : la tenue d'un Grenelle de l'alimentation autour de la question du prix payé aux agriculteurs par les transformateurs et distributeurs, et une loi de simplification des normes, notamment en ce qui concerne le compte-pénibilité ainsi qu'en matière environnementale. En troisième point, elle a cité la reconnaissance pour les agriculteurs, mais aussi pour les commerçants et artisans, d'un « droit à l'erreur » face à l'administration, accusée de pénaliser trop vite des erreurs souvent involontaires, notamment en matière de déclaration par internet.

« Nous regrettons un peu que le ministère de l'agriculture n'ait pas aussi été chargé du dossier des territoires ruraux, mais la nomination d'un ministre chargé de la cohésion des territoires (Richard Ferrand, NDLR) est de bonne augure » a-t-elle ajouté. La présidente de la FNSEA a aussi admis qu'elle envisageait avec « appréhension » la nomination de Nicolas Hulot à la Transition écologique, tout en saluant ses qualités « d'homme de dialogue ». « J'ai eu l'occasion durant la COP21 de co-organiser un colloque sur l'élevage et les émissions de gaz à effet de serre, et il m'a dit qu'il avait beaucoup appris à cette occasion » a-t-elle souligné.

Réactions de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne

De son côté, la Coordination rurale a espéré que Jacques Mézard prendra « une part active dans la définition de la nouvelle orientation de la Pac » qui doit être effectuée dans les semaines à venir. Le syndicat a salué la tenue prochaine d'Etats généraux de l'alimentation qui devront « nécessairement » porter selon elle « sur la question des coûts de production des agriculteurs, des marges et d'une totale transparence dans l'étiquetage ». Le syndicat a aussi souhaité que le nouveau ministre « tourne le dos à la cogestion entretenue par les précédents gouvernements » (avec la FNSEA, NDLR) ».

La Confédération Paysanne a pour sa part jugé que le ministre ne pourrait avoir d'état de grâce, la situation dans les campagnes étant « trop grave ». « Il faut agir efficacement pour que les paysans reçoivent des prix rémunérateurs » a dit le syndicat dans un communiqué. « Cela passera par une interdiction d'achat de nos produits en dessous du prix de revient et des actes forts à Bruxelles qui remettent la maîtrise, la répartition, et la régulation des productions agricoles dans les priorités immédiates » a dit le syndicat. 


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