Voeux 2017 Pour ses 30 ans, la Conf' défend un droit au revenu et une Pac « alimentaire »

Arnaud Carpon Terre-net Média

2017 sera une année importante pour la Confédération paysanne : le syndicat fêtera ses 30 ans en août. Déçu par le quinquennat Le Foll, la Conf' veut défendre un « droit au revenu » pour les paysans et une réforme de la Pac qui ne soit plus seulement agricole, mais plus largement « alimentaire ».

Voeux de la Confédération paysanneLors de ses voeux à la presse, la Confédération paysanne a rappelé ses revendications pour 2017 et notamment un droit au revenu pour les producteurs. (©Terre-net Média) 

Même si le syndicat s'est fait doublé par la Coordination rurale lors des dernières élections Chambres d'agriculture, la Confédération paysanne entend bien montrer qu'elle est dans la fleur de l'âge. En 2017, la "Conf'" fêtera ses 30 ans par trois jours de festivités du 18 au 20 août en Charentes. Mais l'année 2017 sera surtout une année importante pour la défense de ses revendications.

« Depuis bientôt deux ans, les paysans manquent de revenus à cause de prix toujours trop bas », a résumé le porte-parole du syndicat Laurent Pinatel, lors de la présentation de ses vœux à la presse mercredi 4 janvier 2017. Afin de « faire bouillir la marmite pour faire tourner les fermes », la Confédération paysanne souhaiterait voir réinventé un « droit au revenu » pour les producteurs. « Pas au sens d'une aide sociale, mais bien au sens d'une assurance revenu ».

Pour le syndicat, ce « droit au revenu » doit être établi par des lois permettant de retrouver un « revenu décent et vivable », et surtout par la remise en place de mécanismes européens de régulation, notamment des volumes de production. Et Laurent Pinatel de fustiger la notion de compétitivité « telle que défendue par Xavier Beulin et la FNSEA » : « la compétitivité ne se mesure pas par la capacité à produire toujours plus pour toujours moins cher ! » Le syndicat va évidemment poursuivre son fil rouge revendicatif « contre l'industrialisation de l'agriculture ».

« Adapter l'agriculture à la demande sociétale et au changement climatique »

Sur le plan européen, le syndicat veut voir transformée la « politique agricole commune en politique alimentaire commune ». « Tout le monde devrait réfléchir sur ce que doit être l'offre alimentaire en France et en Europe, a expliqué Mikel Hirribaren, en charge de la Pac. Il faut des politiques qui permettent d'avoir des paysans nombreux pour assurer une alimentation de qualité accessible à tous. A l'inverse, on ne peut pas avoir une Pac sans garantie de revenu et d'emploi. »

Dans le cadre des premières négociations sur la réforme de la Pac, le syndicat estime que « les aides à la surface coûtent des fortunes et déconstruisent l'agriculture » et souhaite le développement de soutiens spécifiques pour permettre « d'adapter l'agriculture à la demande sociétale et au changement climatique ». « Nous nourrissions des espoirs lorsque Stéphane Le Foll est arrivé au ministère de l'Agriculture il y a quatre ans. Mais en matière de soutien aux petites fermes, nous n'avons pas eu l'écho escompté », explique Laurent Pinatel, déçu du « décalage entre le discours et les actes » du ministre.

Surtout, le syndicat compte s'opposer fermement à la mise en place de systèmes assurantiels via des assurances privées. « Nous combattrons cette orientation qui ne profitera qu'aux organisations privées, et non aux agriculteurs. » 

Le 19 janvier, le syndicat organise ses « assises de l'alimentation » au cours desquelles il développera ses positions sur la Pac. Avant de préparer son prochain congrès électif, qui se tiendra les 12 et 13 avril à Muzillac, dans le Morbihan. « La prochaine équipe du secrétariat national aura la charge de mener la campagne pour les élections des Chambres d'agriculture. »


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