Accueil  Dossier Herbicides 2011

Leçons de campagne Un nécessaire retour aux programmes de désherbage

Arvalis-Institut du végétal relève une dégradation des efficacités des solutions herbicides associé à un accroissement des problèmes de résistance. Sans faire de lien direct de cause à effet, selon l’institut, « il est urgent de réagir en mettant en œuvre des programmes, et d’y introduire le principe d’alternance des modes d’action ». Quant à l’application de sortie d’hiver, en cas de pression adventices faible, elle devra être précoce, en janvier-février, pour viser des adventices jeunes en sol humide.

Le désherbage de sortie d’hiver devra être positionné sur des adventices jeunes, avant la fertilisation et sur sol frais, voire humide.
Le désherbage de sortie d’hiver devra être positionné
sur des adventices jeunes, avant la fertilisation et
sur sol frais, voire humide. (© Terre-net Média)

Sur la campagne 2010/2011, les graminées restent la principale préoccupation pour le désherbage des céréales à paille. Les résistances des vulpins et/ou ray-grass semblent progresser. Selon Arvalis-Institut du végétal, « les herbicides concernés sont les antigraminées foliaires de la famille des Fop/Dimes/Den (spécialité Baghera, Celio, Fusilade, etc.) ainsi que ceux de la famille des sulfonylurées, appelés inhibiteurs de l’Als (Atlantis, Abak, Archipel, etc.) ».

La résistance touche toutes les régions céréalières, y compris les régions jusque-là épargnées, ou à moindre risque, type Picardie et Champagne, du fait de la présence de rotations très diversifiées. « En 2010-2011, un cas de matricaire et plusieurs cas de coquelicots ont officiellement été reconnus comme résistants aux sulfonylurées. L’arrivée de dicotylédones résistantes est le fruit de pratiques à risque connues dont les conséquences ont déjà été démontrées sur les graminées : rotations courtes voire absence de rotation, absence d’alternance de modes d’action herbicides, contaminations interparcellaires. » Les recommandations insistent donc sur la mise en œuvre, autant que possible, de mesures agronomiques classiques et sur un désherbage précoce en s’imposant l’alternance des modes d’action des antigraminées mais également des antidicotylédones.

Stade des adventices et humidité du sol

Réglementation

  • les Ipu (isoproturon) : restriction en période de drainage / période de reproduction des oiseaux et mammifères (interdiction d’application de mars à juin) ;
  • les sulfonylurées : 1 application par campagne pour les Als antigraminées, à l’exception des spécialités efficaces sur brome (2 applications possibles, à moins de 3 semaines d’intervalle) ;
  • les principales nouveautés sont concernées par des restrictions spécifiques d’application (ex : 1 application tous les 2 ans, etc.).
Le stade des adventices est le critère le plus important à prendre en compte dans la mise en œuvre des traitements. « En effet, même si les conditions climatiques ne sont pas « idéales », l’efficacité peut être parfaite. Par ailleurs, vers la fin février, le sol est humide et ce critère agronomique est essentiel à la bonne efficacité de spécialités pourtant qualifiées de foliaires. » Des essais ont, par exemple, montré qu’Atlantis WG est beaucoup plus sensible au niveau d’humidité du sol que Kalenkoa. Ces mêmes essais ont conclu à des efficacités significativement supérieures à partir de 80 % de saturation du sol. L’état du sol doit être pris en compte. « Il peut avoir un rôle direct, sur la facilité de pénétration via les racines par exemple, ou indirect, comme le fait que les adventices sont plus réceptives en conditions. »

En revanche, à des époques plus tardives, mi-mars à fin mars environ, « en conditions climatiques soi-disant plus favorables (températures douces, hygrométrie élevées, mais généralement sol sec), les efficacités peuvent chuter fortement, laissant même supposer de la résistance ». En effet, les adventices sont alors bien plus développées et ont profité de la fertilisation.

L’enjeu du désherbage

  • Les adventices sont extrêmement nuisibles (24 q/ha en moyenne) ;
  • En situations infestées (> 30 graminées/m²), l’application d’automne est indispensable ;
  • Les applications précoces limiteront la concurrence des adventices : 12 à 15 % de gains de rendement par rapport à la sortie d’hiver seule.

Positionner correctement les herbicides : désherber avant de fertiliser

  • En sortie d’hiver, ne pas laisser les adventices bénéficier de la fertilisation 
    → 100 ray-grass/m² ≈ 15 à 30 unités d’azote mobilisées ;
  • Enjeu de 10 q/ha environ ;
  • Désherbage à caler à l’automne ou lors du premier apport (avant ou quelques jours après).
dossier herbicides 2011

Mathilde Carpentier - Terre-net Média

Adventices dans la rotation - Alternance impérative des modes d’action
Basf - Narak, antidicot de post-levée à large spectre