les chiffres parles d'eux meme:
2011, l'année où... le déficit commercial a explosé
Source : La Tribune - 26/12/2011 | 23:00 - 417 mots |
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Un commerce extérieur en chute libre... de 75 milliards d'euros. Ni la flambée du coût de l'énergie ni le taux de change de l'euro face au dollar ne suffisent à expliquer cette spécificité de l'économie.
Jamais la balance commerciale de la France n'aura autant sombré. Le déficit commercial devrait atteindre « 70 milliards d'euros, voire 75 milliards » en 2011, a prévenu le secrétaire d'État au Commerce extérieur, Pierre Lellouche. Le précédent record de 56 milliards, atteint en 2008, est pulvérisé. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France n'a jamais eu de tradition d'excédent commercial fort. En revanche, elle a connu une décennie de balance commerciale positive entre 1993 et 2003 (l'année 2000 faisant exception), qui ? un court laps de temps ? lui a permis de rêver à un « made in France » partant à la conquête du monde. Le décrochage est venu en 2004 et n'a cessé de s'accentuer depuis.
La hausse de l'euro face au dollar et le coût de l'énergie (60 milliards de facture énergétique en 2008 !) sont les explications traditionnellement avancées. Mais elles ne convainquent plus. Et pour cause, confrontées aux mêmes difficultés, l'Italie contient son déficit tandis que l'Allemagne a réalisé en 2010 le deuxième excédent commercial au monde (154 milliards d'euros) après la Chine.
Le problème ne réside pas tant dans la demande de produits français, qui se porte bien, que dans l'offre, a souligné Pierre Lellouche. D'où le cri d'alarme du candidat du Modem à la présidentielle de 2012, François Bayrou : « On ne produit plus en France ! » Ainsi, le pays a déserté les marchés porteurs (l'automobile), l'organisation de ses filières nuit à ses marchés d'excellence (l'agroalimentaire), elle reste trop concentrée géographiquement (en Europe) et peine à se lancer là où se trouve la croissance mondiale : en Inde, au Brésil, en Chine, en Russie. La France souffre aussi d'un faible nombre d'entreprises exportatrices (90.000, contre 115.000 en 2007), problème auquel le programme France-Export pour 2012 ambitionne de remédier. Il faut encore ajouter à ce catalogue la hausse du coût du travail en France, « due aux effets de la réduction du temps de travail légal décidée en 1998 » et à la pression de « cotisations sociales plus importantes » qu'en Allemagne, selon un rapport récent des députés de la commission des Affaires étrangères. La commission propose plusieurs mesures, allant d'une fiscalité incitative à la création d'agences régionales de l'export, en passant par une protection de l'Union européenne face aux « comportements commerciaux agressifs des puissantes émergentes?». Plus prosaïquement, la France peut espérer pour 2012 que la récession freine ses importations et que la bonne santé des demandes allemande et américaine tire ses exportations.
et l'agriculture :
Excédent agroalimentaire, les produits français se portent bien à l’étranger.
Publié le : 13 décembre 2011
Agreste, l'excédent agroalimentaire français en progression.
Les exportations agricoles françaises se portent plutôt bien. En effet, c’est ce que les données de l’institut statistique du monde agricole Agreste affichent pour le mois d’octobre. Avec 1 405 millions d’euros, l’excédent des échanges en produits agricoles est en hausse par rapport au mois d’octobre 2010.
Et cet excédent est en hausse autant avec le reste de l’Union européenne (+207 millions d’euros) qu’avec les pays tiers (+19 millions d’euros). Sur l’année, l’excédent cumulé atteint 9,38 milliards d’euros, en hausse de 54% (+3,31 milliards d’euros) par rapport à 2010. Agreste donne les explications suivantes pour expliquer cette bonne progression des produits agricoles français :
« La hausse des importations, pourtant importante (+ 305 millions d’euros), est largement compensée par celle des exportations (+ 676 millions d’euros). Avec les pays tiers, l’excédent en octobre atteint 739 millions d’euros, en hausse de 164 millions par rapport à octobre 2010. Les ventes de boissons alcoolisées continuent à contribuer fortement à la croissance des exportations. Les exportations de céréales progressent : l’orge et le blé dur compensant largement la baisse du blé tendre.
Les exportations de bovins augmentent grâce à la demande turque, ainsi que celles de viande porcine (Asie et Russie) et de viande de volaille (Moyen-Orient). Les importations des produits de la pêche augmentent (+ 25 %), ainsi que celles de tourteaux et de caoutchouc.
Avec l’Union européenne, l’excédent en octobre atteint 666 millions d’euros, en hausse de 207 millions d’euros. Les exportations progressent de 331 millions d’euros. Le maïs, dont la récolte a été plus précoce que l’an dernier, explique un quart de cette croissance. Les exportations de blé tendre, ainsi que le colza, sous forme de graines ou d’huile, continuent de progresser. Les importations de blé tendre, de colza et de melons diminuent tandis que celles de tournesol augmentent.
Pour les produits transformés, les importations de viandes bovines et de volailles progressent, ainsi que celles de café transformé.
L’excédent cumulé depuis le début de l’année atteint 9 386 millions d’euros, en hausse de 3 311 millions (+ 54 %) par rapport aux dix premiers mois de 2010, grâce principalement à l’excédent en céréales (+ 44 %) et en boissons (+ 13 %). »
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