Allez ce soir , je squatte sur terre net, une fois n'est pas coutume. Un petit article de paul Jorion ( voir son blog) un brin provocateur mais aussi un brin réaliste
27 novembre 2011 par Paul Jorion
La concentration des richesses a atteint des sommets aux États-Unis en 1929 et en 2007. La machine économique s’est alors grippée parce que toute somme mobilisée pour la production ou la consommation donne lieu à versement d’intérêts, processus qui ne fait qu’augmenter cette concentration et libère des montants considérables pour des activités spéculatives qui encouragent des variations de prix qui ne font qu’aggraver encore les déséquilibres.
Les remèdes à la concentration des richesses sont connus : 1) la redistribution pacifique du patrimoine (seul exemple connu : les États-Unis du New Deal rooseveltien), 2) la révolution qui exproprie et redistribue pour un temps mais – faute de s’en prendre aux véritables causes de la concentration des richesses – remplace rapidement l’ancienne aristocratie par une neuve, enfin, 3) la guerre qui, détruisant tout, redistribue la richesse par un grand nivellement par le bas.
La guerre est la solution la plus commode puisqu’elle n’implique aucune autocritique de la part de personne et permet au contraire à chacun de s’exonérer de ses propres fautes en désignant un coupable ailleurs quelque part.
Les journaux européens sont aujourd’hui totalement muets sur la chose mais la bataille en règle qui a abouti la nuit dernière à la mort de vingt-cinq soldats pakistanais, tués lors d’un raid de l’OTAN sur des postes frontières avec l’Afghanistan, me semble avoir un excellent potentiel pour conduire à une nouvelle guerre mondiale – qui réduira la pression sur nos systèmes économiques et politiques par une baisse substantielle de la population, redistribuera le patrimoine (du moins ce qu’il en restera), et nous permettra de repartir pour un tour, sans avoir eu à résoudre (Dieu merci !) la question de la concentration des richesses et son mécanisme, et sans avoir dû formuler la moindre autocritique (ouf généralisé !).