Lydia Claude Bourguignon GIS Sol: Un mélange d'amertume, de coup de gueule et d'espoir
Pour ceux qui ne connaissent pas notre parcours atypique en voici un résumé très rapide:
Dans les années 80 alors que nous étions à l'INRA de Dijon, nous avions commencé à tirer des sonnettes d'alarmes en particulier sur l'état de santé des sols agricoles et l'impact de l'agriculture intensive sur la biodiversité des sols. "Placardisation" immédiate et décrédibilisation de nos travaux au sein de l'unité. Résultat, par éthique, nous quittons cet institut en 1989.
Le 21 novembre 2011, le Groupement d'Intérêt Scientifique Sol (Gis Sol) dont l'unité Info Sol de l'INRA est le coordinateur principal publie un ouvrage de 188 pages intitulé: Gis Sol. 2011. L’état des sols de France.
Il se divise en trois parties:
1: Les services rendus par les sols
2: La diversité des sols de France
3: L'état des sols de France et son évolution
C'est cette troisième partie qui nous laisse un goût très "amer" tout en donnant de l'espoir pour qu'il y ait une plus grande sensibilisation de la fragilité des sols. Leur protection est vital pour nous et notre terre.
En effet, cette troisième partie explique avec force comment les instituts de recherches Français (ADEME, IRD, CNRS, IFN, et INRA en tête, ont planché depuis 2001 sur le sol, sa biodiversité, sa biologie, les terroirs, l'agriculture durable, etc... Au fil des pages, on a le sentiment que depuis "toujours" ces instituts ont œuvré dans le sens de la protection des sols et de la vie qu'ils abritent. Or nous savons bien qu'il s'agit là d'un bel exercice de retournement de veste (qui, soit dit en passant, mieux vaut tard que jamais). Nous n'avons, bien évidemment, jamais été invité ou sollicité, pour participer aux tables rondes de ce projet mais on peut lire en page 5:
"Le Gis Sol, et en particulier l’unité InfoSol de l’Inra, à qui a été confiée la coordination de cet ouvrage, a pris soin d’y associer les différents spécialistes des sols français, pour répondre aux interrogations des acteurs de l’environnement."
ou en page 104 :
"Une meilleure connaissance de ces organismes et de leurs rôles devrait également contribuer au développement d’une agriculture moins consommatrice d’intrants." propos pour lesquels l'INRA nous a largement combattu par le passé.
Vous comprendrez que la pilule est dure à avaler ; )
Mais il faut savoir être "beau joueur" et même si dans cet ouvrage, il n'y a pas la moindre petite référence ou mention de notre existence, de nos travaux et de notre antériorité sur le sujet.....
Cet ouvrage a le mérite d'exister!!! Et comme la protection du sol, de la biodiversité qu'il abrite, nous tiennent énormément à cœur, il est encourageant de voir que les instituts nationaux de recherche reconnaissent enfin l'importance du sol!!!