De l'idée à la concrétisation Premiers pas dans la modulation automatique

Nicolas Cavenne Terre-net Média

Dominique Bayart, agriculteur à Cerisy-Buleux, dans la Somme, constate des écarts de besoins d’azote de 70 unités au sein d’une même parcelle. Un nouvel épandeur lui permet de moduler en automatique son troisième apport.

Grâce à son nouvel épandeur, Dominique Bayart module en automatique son troisième apport. Grâce à son nouvel épandeur, Dominique Bayart module en automatique son troisième apport. (©Nicolas Cavenne)

« Pourquoi apporter 100 unités alors que le besoin est de 40 ? », questionne Dominique Bayart, agriculteur à Cerisy-Buleux, dans la Somme. Voilà une raison qui incite notre agriculteur à croire en la modulation. La cartographie, effectuée suite au vol d’un drone de la société Airinov sur une parcelle de colza, a en effet révélé des écarts de 70 unités. Cette année, l’agriculteur part d’une dose bilan théorique pour la fertilisation de ses blés. Il réalise les deux premiers apports en engrais liquide sans moduler. Son nouvel investissement sera utile au troisième apport pour lui laisser la possibilité d’ajuster sa dose.

Dominique Bayart n’est cependant pas totalement surpris de ce que révèle la cartographie. En effet, pendant six ans, il a utilisé Farmstar. Il l’a quitté pour « des problèmes de rapidité d’intervention. Ce système est basé sur le survol des parcelles par satellites. Lorsque le temps est couvert, le survol est reporté. » L’agriculteur souhaite un conseil sur les apports d’azote et non des informations sur le risque de septoriose, piétin verse… « Pour les maladies, je fais ce que je peux, tout dépend de la météo », explique-t-il.

« Il faut faire confiance à la technologie »

L’agriculteur a dernièrement renouvelé son épandeur à engrais. Il s’est tourné vers un modèle de la marque Bogballe, équipé pour réaliser de la modulation. Cette dernière est distribuée par Lemken, constructeur bien connu par Dominique Bayart, qui possède déjà des outils de celle-ci. « Je l’ai choisi pour la qualité de répartition de l’engrais grâce à une technique d’épandage à l’inverse des autres, comme les semeurs d’autrefois, qui envoie les granulés de l’extérieur vers l’intérieur, et pour la résistance à la corrosion puisque le constructeur danois produit des épandeurs pour le salage des routes. » Le système de modulation n’était alors pas un critère de choix.

Sur l’exploitation de 375 hectares est déjà appliquée une agriculture raisonnée. Une observation sur le terrain est privilégiée plutôt qu’une application systématique des produits et lorsqu’il y a recours, il fait du bas volume. Persuadé de pouvoir encore améliorer son système, en septembre 2016, il s’est inscrit à une formation proposée par la Chambre d’Agriculture de la Somme. Celle-ci avait pour thème : « Identifier les enjeux sur mon exploitation pour mieux produire demain ». Il fallait choisir un thème et l’explorer de sa mise en place sur l’exploitation au suivi sur le terrain par un technicien. L’exploitant n’avait pas de thème en tête lors de son inscription à cette formation. Son épandeur à engrais nécessitant d’être renouvelé, il a choisi la modulation qu’il envisageait pour l’azote et éventuellement les semis.

Apprécier le côté techno

S’agissant de la mise en pratique, une fois dans le tracteur, l’exploitant jongle entre deux boîtiers. L’un commande l’épandeur et informe le chauffeur sur la surface et le poids d’engrais restant grâce à la pesée embarquée. L’autre, la tablette personnelle de l’agriculteur, gère la modulation automatique avec l’antenne GPS du tracteur. Airinov envoie la carte de préconisation par courriel. Réceptionné sur la tablette, le programme est lancé. Une fois, les réglages effectués, la machine gère toute seule la modulation. « Je fais confiance au système. Il faut du temps pour se former, puis apprendre à l’utiliser et il faut apprécier la technique pour se lancer dans la modulation. Ce n’est pas dans un but financier que je le fais en premier lieu mais pour l’environnement, mettre la bonne dose au bon endroit », confie-t-il.

Une fois dans le tracteur, l’exploitant jongle entre deux boîtiers. Une fois dans le tracteur, l’exploitant jongle entre deux boîtiers. (©Nicolas Cavenne)Le but, cette année, est de se familiariser avec cette nouvelle technologie pour les apports sur le colza et le blé. L’agriculteur a pour projet d’étendre la modulation aux engrais de fond sur deux parcelles remembrées. Leur état étant médiocre, il souhaite les améliorer en restant dans une stratégie environnementale. Pour cela, il souhaite réaliser une carte de résistivité du sous-sol. Celle-ci permettra de mettre en évidence un zonage précis de sa parcelle et permettra de travailler plus précisément. Le technicien de la Chambre d’Agriculture de la Somme l’accompagnera pour réaliser ce projet.


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