Épandage de précision Quelles solutions pour économiser sur le poste engrais ?

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Réduire ses coûts à l’hectare pour s’adapter à la conjoncture économique tendue suppose de chercher, en permanence, des gains de compétitivité. Une quête dans laquelle l’épandage de précision a toute sa place. Encore réservée il y a quelques années aux essais au champ ou aux laboratoires de recherche, cette technologie tend à se démocratiser. Quels sont les principaux paramètres à prendre en compte pour apporter la bonne dose au bon endroit ?

Avec sa trémie de 6 000 kg, Bogballe M6W est le plus gros épandeur au monde. Avec sa trémie de 6 000 kg, Bogballe M6W est le plus gros épandeur au monde. (©Bogballe)

Si la densité de l’engrais, la vitesse d’avancement et le débit de la machine restent essentiels pour un épandage de qualité, les épandeurs récents peuvent être équipés de nombreux dispositifs garantissant la même précision qu’un pulvérisateur : pesée embarquée, guidage par GPS, modulation de dose, coupure de tronçons.

La pesée embarquée privilégiée par rapport au DPA

Le débit proportionnel à l’avancement (DPA) est la première étape sur le chemin de l’épandage de précision. Ce système gère le débit de produit sans que le chauffeur n’ait à se soucier de la vitesse du tracteur. Mais encore faut-il contrôler la quantité de matière épandue.

Parmi les autres technologies disponibles, la pesée embarquée est un système complètement automatique et continu. Le terminal de l’épandeur analyse et exploite le signal de la pesée pour vérifier et corriger instantanément le débit d’engrais. De plus, cela supprime la phase d’étalonnage, les pesées prenant en compte les pentes et les dévers. Un confort de travail et un gain de temps appréciables. Autre avantage : le strict respect des doses à apporter dans la parcelle. Outre les bénéfices agronomiques, si la quantité de départ est bien calculée, l’épandeur rentre vide dans la cour de ferme, ce qui limite les gaspillages.

En France, le marché est principalement orienté vers la pesée embarquée. Certains fabricants dotent même leurs modèles d’entrée de gamme de ces dispositifs. Si votre engin n’en est pas encore muni, des sociétés proposent un rééquipement à posteriori.

Guidage et autoguidage pour ne pas perdre le nord

Quant au guidage, il dispense du jalonnage au printemps, quand le pulvérisateur n’a pas encore laissé de traces dans le champ et améliore ainsi le confort de l’utilisateur. Même si le jalonnage a déjà été effectué, la console affiche les largeurs de travail. Un excellent moyen de contrôle et un gage de sécurité, indispensables pour pouvoir aller plus loin dans l’épandage de précision.

Faire varier la quantité d’engrais à l’intérieur de la parcelle

Il s’agit maintenant de faire varier la quantité d’engrais à l’intérieur d’une parcelle, ce qui conduit à distinguer deux types d’apport. Ceux d’engrais de fond réalisés à partir d’analyses de sol, ou de mesures de conductivité, et sources d’économies substantielles en faisant varier les doses. Et ceux du printemps, qui peuvent être modulés. Toutefois, cela implique de mesurer la biomasse, via imagerie satellitaire ou aérienne par drone, ou encore en utilisant des capteurs embarqués comme le N-Sensor. Attention cependant, les formats d’échange des données entre les cartes de préconisation et d’épandage doivent être compatibles…

Ces deux solutions permettent, l’une comme l’autre, d’économiser le poste engrais, à condition de bien maîtriser les outils numériques et les modèles agronomiques.

Coupure de sections et gestion des pointes 15 % d'économie

Il est également possible d’augmenter la précision d’épandage grâce à la coupure de tronçons. Selon certains constructeurs, elle diminuerait la consommation d’engrais de 15 %. De plus, elle évite les recouvrements inutiles et réduit les zones de manque.

La coupure automatique en bout de champ et la gestion automatique des pointes sont désormais proposées par les principales marques d’épandeurs. Néanmoins, de conception complexe (gestion de trappes gauche et droite, forme des aubes, sens de rotation des disques), ces matériels coûtent cher. Un surcoût à l’investissement rentabilisé dès quelques années d’utilisation. Par exemple, retarder l’ouverture des trappes sur les premiers mètres permet de ne pas apporter trop d’engrais et limite la verse en fourrière.

Une meilleure régularité d’épandage et moins d’engrais consommé : ce sont bien là les objectifs de l’épandage de précision. Une technologie qui devrait encore évoluer avec l’intégration de systèmes radars ou l’amélioration de la précision de la pesée pour les épandeurs de produits anti-limaces ou d’engrais verts.

Quelques conseils pratiques

D’une manière générale, moins il y a de réglages sur un épandeur, plus son utilisation limite les risques d’erreurs. Pour optimiser les performances d’épandage, il faut tenir compte de plusieurs facteurs : la balistique de l’engrais, ses conditions de stockage, les conditions météo lors de l’intervention… Même avec un système complètement automatique, rien ne remplace le bon sens :
- veiller à ce que la pression des pneus soit identique à droite et à gauche ;
- régler, sur une surface plane, l’horizontalité droite-gauche et avant-arrière de l’épandeur ;
- régler la hauteur de travail, qui peut différer d’un constructeur à l’autre.

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