[Vidéo] Injection directe Diimotion : la start-up qui s'apprête à révolutionner la pulvérisation !

Terre-net Média

Au Sima 2017, la start-up Diimotion a présenté un concept de pulvérisation par injection directe. Pour faire le point sur cette technique qui pourrait bien révolutionner la pulvérisation agricole, la rédaction a invité Xavier Cassassoles, président directeur général de la société, à répondre à quelques questions sur le plateau de la Sima Web TV by Terre-net.

Terre-net : Qu’est-ce-que l'injection directe ?

Xavier Cassassoles : « La technique n’est pas nouvelle mais elle est complexe à mettre en œuvre. Le principe est assez simple : le produit phytopharmaceutique n’est pas mélangé à l’eau dans la cuve du pulvérisateur. La citerne transporte l’eau claire. L’installation comporte plusieurs petites autres cuves contenant le produit actif. La difficulté réside dans le dosage précis du produit au dernier moment, dans la parcelle. »

Terre-net : Quels avantages apporte cette méthode à l’agriculteur ?

Xavier Cassassoles : « Tout d'abord, l’absence de fond de cuve. L’eau étant mélangée au dernier moment, il n'y a plus d’excédent de bouillie. En outre, le temps des cycles de rinçage est très court : il est inutile de rincer complètement la cuve puisqu'elle ne transporte que de l'eau. Du coup, l’exploitant peut enchaîner les parcelles sans devoir retourner à la ferme pour remplir le pulvérisateur et préparer le mélange. Il peut également pulvériser un herbicide dans une parcelle de blé et enchaîner avec un insecticide sur du colza en minimisant le risque pour les cultures. »

Terre-net : La sécurité de la culture et de l’opérateur augmente. Et côté environnement ?

Xavier Cassassoles :  « Les risques pour l’environnement sont essentiellement liés aux phases de transport. Sur la route, imaginez par exemple qu'un pulvérisateur de 3 000 l se retourne dans un rond-point. Grâce à l’injection directe, la réserve contient seulement de l’eau. La matière active est stockée dans de petites cuves pour limiter le risque. Il sera plus facile de confiner 18 l de produit pur que 3 000 ! »

Terre-net : Quel surcoût cette technologie représente-t-elle ?

Xavier Cassassoles :  « Le montant varie entre 18 000 et 22 000 €, selon le type d'engin à équiper. Pour les plus petits modèles, l’investissement reste important. À l'inverse, si l'on équipe un modèle automoteur, le montant est tout à fait digeste ! »

Terre-net : Ce dispositif sera évidemment disponible en première monte. Sera-t-il possible de l'installer sur le matériel existant ?

Xavier Cassassoles : « Oui, et c'est ce qui explique notre présence au Sima. Le système se greffe facilement sur tous types d'outils, portés, traînés ou automoteurs. Il suffit de modifier le circuit du pulvérisateur. En outre, l'installation permet aussi de moduler la dose. Le produit étant préparé juste avant la buse, il est alors possible de changer sa concentration en variant la quantité d’eau. Le tout sans changer la pression aux buses. »

Terre-net : Quand les premiers exemplaires seront-ils disponibles ?

Xavier Cassassoles :  « La phase de prototypage s’achève. Trois exemplaires sont actuellement en phase de tests dans les vignes bordelaises. Côté agriculture, le premier engin travaille en ce moment près de Toulouse (Haute-Garonne). Au total, en 2017, 25 pulvérisateurs devraient être équipés et permettre de vérifier le bon fonctionnement de la technique. »


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