Marché du blé Les raisons d’une embellie durable des prix pour les céréaliers

Terre-net Média

Depuis la récolte 2016, Offre et demande agricole estime que la tendance est « haussière » pour le prix des céréales, et plus particulièrement celui du blé. Lors du Sima 2017, son président Renaud de Kerpoisson a dressé un point complet sur ce marché et explique les raisons d’une prochaine embellie pour les céréaliers français.

Marché du blé : Renaud de Kerpoisson détaille pourquoi les perspectives sont, selon lui, haussières

 

Pour Renaud de Kerpoisson, président d’Offre et demande agricole, le marché du blé est depuis plusieurs mois sur une « tendance haussière ». Une tendance qui va perdurer dans les prochaines semaines et les prochains mois. Le spécialiste en a expliqué les raisons lors d’un point complet dressé lors du Sima 2017.

D’abord la croissance mondiale en hausse est synonyme d’une bonne croissance de la consommation de viande et donc de céréales. Les pays d’Asie du Sud-Est, comme le Vietnam, la Malaisie ou l’Indonésie, prévoient une croissance proche de 7 % en 2017. « Il faut s’attendre à une forte hausse de la consommation de viande dans ces pays. »

La remontée des prix du pétrole est aussi un facteur haussier. « Quand le pétrole est cher, les pays ont davantage intérêt à incorporer plus de biocarburants. »

« Il faut aussi remarquer la bonne santé de l’économie américaine. Là-bas, les salaires commencent à remonter. A moyen terme, c’est synonyme d’inflation, et donc d’une remontée des taux directeurs de la Fed et du dollar ». Autrement dit, un bon point pour les prix des céréales exprimés en euros.

L’influence significative de la filière porcine chinoise

Renaud de Kerpoisson souligne aussi l’importance croissante de ce qui se passe en Chine, notamment pour sa filière porcine. « Depuis quatre ans, les autorités chinoises ferment les très petites exploitations, où cohabitent dans les cours de ferme des canards, des cochons et des hommes. Pour des raisons sanitaires, ces mesures ont engendré une décapitalisation du cheptel porcin de 20 %. » Or le pays détient 53 % du cheptel porcin mondial. « On ne parle donc pas d’un petit événement. » Conséquence : les importations chinoises mensuelles de porcs sont passées de 50 000 t à environ 250 000 t. « Comme il faut 3 kg de céréales pour produire un kilo de cochon, cela engendre donc une consommation de céréales de 750 000 tonnes, chaque mois, dans les pays exportateurs de porcs.

Par ailleurs, le stock mondial de blé est gigantesque, approchant les 250 Mt, ce qui rend les opérateurs baissiers sur le marché. Or plus de la moitié de ce stock est en Chine. « Nos analyses se font donc sans prendre en compte la Chine. Car les stocks de blé hors de Chine diminuent. »

Sur le plan européen, il n’y a plus beaucoup de blé à vendre. « Il n’en reste qu’en Allemagne et en France. » De quoi être positif sur l’évolution des cours du blé « tout en restant prudent ».

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