Marché des céréales Malgré les tensions géopolitiques, comment l’Ukraine monte en puissance

Terre-net Média

En dépit des tensions géopolitiques qui animent le pourtour de la mer Noire, l’Ukraine pourrait progressivement augmenter son potentiel de production de céréales de 60 Mt à près de 100 Mt ! Une ambition qui ferait d’autant grimper sa capacité d’exportation.

Moisson de blé  En moins de dix ans, la production ukrainienne de grandes cultures est passée d’environ 40 Mt à plus de 60 Mt. (©Terre-net Média)

« Les 38 millions d’hectares de terres labourables d’Ukraine pourraient générer une collecte totale comprise entre 150 et 200 Mt ! Mais les experts s’accordent pour estimer le potentiel réaliste de production à environ 100 Mt et, donc la capacité d’exportation de 70 Mt. » Spécialiste de l’Ukraine et des marchés agricoles et auteur d’un article sur le pays dans le Déméter 2017, Jean-Jacques Hervé explique que l’Ukraine devrait progressivement atteindre ce potentiel, alors que la production de céréales oscillait entre 57 et 61,5 Mt entre 2013 et 2015.

Selon l’expert, il faut donc s’attendre à une forte croissance de la production ukrainienne, ce qui viendra inévitablement accentuer la concurrence sur les marchés à l’export.

Dans les champs, la production a déjà fait un bond. En moins de dix ans, la production de grandes cultures est passée d’environ 40 Mt à plus de 60 Mt, soit une progression moyenne de 2 Mt par an. Cela représente « un gain moyen de 0,6 quintal à l’hectare. » Le tout à moindre coût. « La fertilité naturelle d’une forte proportion de terres agricoles offre la possibilité de produire avec des dépenses limitées au strict minimum. » Les producteurs ukrainiens peuvent désormais compter sur des semences végétales à haut potentiel produites sur place à hauteur de près de 80 %, alors qu’il fallait majoritairement les importer il y a quelques années.

Les investisseurs attirés par l'Ukraine

En aval de la filière, « les tensions internes entre la Russie et l’Ukraine ne font pas obstacle à la multiplication des investissements pour accroître et améliorer les capacités de stockage et de chargement portuaires », considère l’expert. Les chantiers en cours sur les ports s’ouvrant sur la mer Noire devraient accroître de 2 Mt la capacité de stockage. Mais avec un raccordement des silos à l’intérieur du pays de plus en plus étoffé, la capacité de chargement maritime pourrait être boostée de 20 Mt. « Dans ces conditions, la façade ukrainienne de la mer Noire serait en mesure de charger environ 60 Mt dès la campagne 2017-2018 », estime le spécialiste.

Certes, les coûts de mise en bateaux reste très élevés, mais « ils pourront baisser grâce aux progrès de la lutte contre la corruption ». Les parlementaires ont adopté ces dernières années des mesures dans ce sens, sous la pression des organisations internationales, mais aussi des investisseurs eux-mêmes. Autre exemple : « des progrès encore insuffisants mais réels sont enregistrés pour le remboursement de la TVA sur les exportations. » De quoi attirer encore les investisseurs. « La progression de la productivité et la résilience de la production agricole séduisent les investisseurs qui voient dans ce potentiel ukrainien un placement plus sûr que des fonds spéculatifs », note Jean-Jacques Hervé.

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