Vidéo robot agricole Anatis de Carré, le retour de la Force

Terre-net Média

Carré a présenté à la presse et à certaines coopératives les évolutions apportées à son robot Anatis depuis sa première présentation publique au Sima 2015, où il avait reçu de nombreuses distinctions. Le constructeur prévoit de démarrer la commercialisation au Sima 2017.

Carré a dévoilé la nouvelle version d’Anatis, son robot de désherbage ayant reçu une récompense aux Sima Innovation Awards en 2015. Il a également été élu, sur le même salon, Machine de l’année 2015. Et le constructeur vendéen ne s’est pas arrêté là. Depuis plusieurs mois, il mène des essais au CTIFL de Nantes pour évaluer les nouvelles fonctionnalités de l’engin. Présentation des principales évolutions apportées par Charles Adenot, responsable marketing.

Anatis est composé comme un porte-outils. Sa première fonction : le désherbage mécanique, cœur d’activité de notre marque. Depuis, nous avons développé d’autres fonctionnalités comme la possibilité d’établir une carte d’enherbement  et de détecter les adventices. Le concept du porte-outils permet de travailler au champ avec une herse étrille par exemple, ou de collecter seulement des données.

Pour que le robot puisse évoluer en plein champ, un couplage de technologies assure le guidage. En effet, grâce à l’intégration d’un GPS Trimble, la machine peut s’affranchir des limites imposées par le seul guidage des caméras. Fournies par Claas, celles-ci affinent le guidage et collectent les  données. Une caméra arrière permet de positionner les outils. De plus, les fonctions GPS créent maintenant des zones d’évitement dans la parcelle, à l’intérieur desquelles Anatis ne doit pas travailler.

Un accent particulier a été mis sur la sécurité, puisqu’une double sécurité active a été installée. C’est-à-dire que des capteurs surveillent les alentours, sous l’œil attentif d’autres capteurs pour une sécurité maximale. Par ailleurs, la vitesse de travail est limitée et quatre gros boutons d’arrêt sont positionnés tout autour de la carrosserie. En version automatique, en cas d’incident, le robot s’immobilise et envoie un SMS. En version semi-automatique avec  télécommande, une fonction "homme mort" a été implémentée. Si vous relâchez un bouton, le robot s’arrête.

Anatis est capable d’effectuer des demi-tours sur place grâce à ses quatre roues directrices et motrices, ses ailes rendues verticales et lisses permettent maintenant l’évolution même en bordure de serres. Chaque ensemble moteur est équipé d’un freinage.

Au niveau des caractéristiques techniques : la vitesse de travail est limitée à 4 km/h (5 km/h en déplacement), l’engin pèse 800 kg,  mesure 1,5 mètre de haut et 1,45 de long et dispose d’une garde au sol  de 65 cm et d’une voie  variable de 1,45 à 2,05 m.

« L’alimentation est fournie par trois batteries au plomb à décharge lente qui offrent 4 heures d’autonomie. Le poids du plomb est ici un avantage en termes de traction même si une étude est en cours pour valider l’intérêt de doubler l’autonomie avec des batteries au lithium », explique Charles Adenot.

Afin de faciliter les dépannages, la machine a été conçue par module, mécanique ou sous forme de cartes électroniques. Si une panne est observée ou détectée, il suffit de remplacer la pièce défectueuse.

Carré souhaite commercialiser à partir du prochain Sima cinq machines de pré-série. Pour acquérir Anatis, il faudra débourser 70 000 euros minimum. Le prix à payer pour une véritable innovation de rupture dans le secteur du  désherbage.

Des difficultés de trésorerie

Carré est une PMI familiale fondée en 1938 et spécialisée dans  le travail du sol et le désherbage mécanique. À ce jour, l’entreprise a commercialisé plus de 10 000 machines. Entre 2010 et 2014, elle a investi 7 millions d’euros dans une unité de traitement de peinture grand volume et haut de gamme. Opérationnelle depuis 2014, celle-ci impacte lourdement la trésorerie, d’autant que depuis deux ans, le marché n’est pas très porteur en agriculture. En outre, le développement de sous-traitance industrielle prend du temps. C’est pourquoi malgré un chiffre d’affaires en hausse de 35 % sur le dernier exercice, Benoît Carré a souhaité déclencher une procédure de sauvegarde pour sa société.
Nouveau partenaire robotique

Ce n’est plus Naïo Technologies qui accompagne Carré dans ses recherches en matière de robotique agricole mais Capacité,  dont le bureau d’étude est rattaché à l’université de Nantes. Composé de plus de 60 ingénieurs, ce dernier permet au fabricant de bénéficier de son expérience mais aussi de celles de trois laboratoires de l’Université nantaise : le premier spécialisé en robotique, le second en informatique et le  troisième dans le secteur de la vision industrielle. De nouveaux partenaires ont récemment rejoint le projet comme Trimble qui fournit le système de guidage GPS de la machine. 

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