Observatoire Technique

Forme d'engrais azoté - L'ammonitrate reçoit la palme de l'efficacité

( Publié le 07/12/2011 à 10h42 )
InVivo et Gpn ont travaillé à l’élaboration d’un outil de préconisation à l’usage des conseillers de la distribution, afin de guider les agriculteurs dans leur choix de fertilisation azotée. L’outil permet de définir une dose optimale technico-économique d’engrais azoté en fonction de l’efficacité de la forme, des données issues de l’analyse de cycle de vie des différentes formes d’azote, de repères agronomiques et économiques. L’ammonitrate ressort de la plupart des comparatifs en haut du podium.

Étudier l’impact environnemental de la fertilisation avec un engrais minéral azoté une parcelle du territoire de l’Aube pour produire un quintal de blé tendre de qualité standard (11,5% de protéine).
Étudier l’impact environnemental de la fertilisation avec un
engrais minéral azoté une parcelle du territoire de l’Aube
pour produire un quintal de blé tendre de qualité standard
(11,5% de protéine). (© Terre-net Média)

InVivo, en partenariat avec Gpn, a réalisé une évaluation environnementale des différentes formes d’azote de leur production à leur utilisation. Neuf impacts environnementaux ont été étudiés dont les émissions de gaz à effet de serre, la consommation énergétique et l’acidification du milieu. L’impact de la fertilisation a été ramené à celle des engrais nécessaires à la production d’un quintal de blé tendre de qualité standard (11,5 % de protéines) d’une parcelle de l’Aube.

Impact environnemental nettement inférieur

Amandine Berthoud, chef de projet filières d’InVivo, auparavant chargée d’études Acv, rappelle que « la fertilisation joue pour 45 à 90 % de l’impact environnemental de la production de blé. Il s’agit d’un poste majeur pour répondre à l’objectif de réduction de l’impact environnemental de la production agricole. » La comparaison porte sur trois engrais : de l’ammonitrate, dosée à 33,5 %, produite en France par Gpn, distribuée par InVivo et épandue sur une parcelle de l’Aube, de l’urée, dosée à 46 %, produite en Égypte, importée par la coopérative et épandue sur une parcelle de l’Aube et une solution azotée, dosée à 30 %, produite en Égypte, importée en France et livrée directement à l’agriculteur. Amandine Berthoud : « L’analyse des Acv montre que l’ammonitrate 33.5 a un impact environnemental nettement inférieur aux deux autres formes d’azote considérées. Les émissions de gaz à effet de serre sont près de 40 % plus faibles avec l’ammonitrate qu’avec la solution azotée. La consommation d’énergie primaire est 50 % plus faible avec l’ammonitrate qu’avec l’urée. »

Cette étude, qui a été validée par un comité de revue critique, démontre que l’ammonitrate 33.5 produit par Gpn a un impact environnemental nettement inférieur aux deux autres formes d’azote considérées. Cela est dû à la fois à des différences de process de production et à une plus grande efficacité au champ. Cliquer pour agrandir.
Cette étude montre que l’ammonitrate 33.5 de Gpn a un impact
environnemental nettement inférieur aux deux autres formes d’azote
considérées. Cela est dû à la fois à des différences de process de production
et à une plus grande efficacité au champ. Cliquer pour agrandir. (© DR)

 

Dose technico-économique optimale

Les impacts environnementaux des fertilisants azotés sont liés à la fois à leur production et à leur utilisation au champ. La part de la fertilisation dans l’impact environnemental de la production de blé tendre est importante.
Les impacts environnementaux des fertilisants azotés sont liés
à la fois à leur production et à leur utilisation au champ. La
part de la fertilisation dans l’impact environnemental de
la production de blé tendre est importante. (© DR)
Ces résultats ont été intégrés dans un outil de préconisation qui permet de comparer les engrais du point de vue de leur performance agronomique, économique et environnementale. Charlène Lejeune, responsable développement technique des outils chez InVivo, explique que « Gpn et InVivo se sont notamment appuyés sur de nombreux résultats expérimentaux pour développer un modèle de volatilisation de chacune des formes d’azote en fonction des situations pédologiques ».

Baptisé Top’AZ, cet outil permet de calculer la marge brute, le bilan énergétique et les émissions de gaz à effet de serre des différentes formes d’azote selon l’historique parcellaire (culture, type de sol, besoin en azote). « L’outil calcule une dose optimale technico-économique, détaille la responsable, en fonction de l’efficacité de la forme, en intégrant l’effet volatilisation et les écarts de rendements constatés en expérimentation, du prix de la culture et des fertilisants. L’objectif est d’atteindre la plus petite dose pour le meilleur rendement compte-tenu de l’efficacité de la forme, du prix de la culture et de la forme azotée considérée. »

La forme d’engrais : un enjeu technique et économique

Selon les résultats d'une l’enquête de l’Unifa sur 2009-2010, l’ammonitrate domine le marché avec 45 % des livraisons d’engrais azotés en France métropolitaine. La solution azotée arrive en deuxième position à 28 % et l’urée solide ne compte que pour 13 % des livraisons. Selon Arvalis-Institut du végétal, l’emploi de solution azotée sur blé est fortement développé dans plusieurs régions comme la Champagne crayeuse ou la Haute-Normandie.
Or, toujours selon l’institut, « il a été démontré depuis longtemps que la solution azotée présente une efficacité moindre que l’ammonitrate pour couvrir les besoins en azote du blé. Les explications avancées tournent autour d’une facilité d’emploi (épandage au pulvérisateur) ou d’une meilleure répartition d’une forme liquide par rapport à une forme solide. La raison principal semble cependant liée à la différence de prix. »

 

 

Source : Terre-net Média
Auteur : Mathilde Carpentier
Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

PUB


MessagerieMétéoForumAccès direct
PUB

Terre-net

Sondage
Nouveau ministre
Les syndicats agricoles ont accueilli positivement la nomination de Stéphane Le Foll au ministère de l'Agriculture. Et vous ?
Oui, plutôt positivement
Non, plutôt négativement
Ne se prononce pas

On vous rappelle !