Maladies des cultures Adapter la lutte à la sensibilité de la variété

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Une fois la variété semée, le contexte économique, encore lui, invite plus que jamais à affiner au plus juste, tout au long de la campagne, le pilotage de la culture pour valoriser les caractères de résistance des variétés aux bioagresseurs, notamment aux maladies.

Essais protection fongicide.La différence de sensibilité à la maladie entre deux variétés permet de moduler le niveau de protection de la culture. (©Terre-net Média)

« En vue de limiter les interventions, il est indispensable de connaître les niveaux de résistance de ses variétés pour déterminer la pertinence des interventions et le degré de protection nécessaire », insiste Josiane Lorgeou, responsable du pôle variétés, génétique et semences d’Arvalis – Institut du végétal.

En plus de critères tels que le rendement, la précocité ou le poids spécifique et la teneur en protéines, le choix variétal s’agissant du comportement face aux maladies relève des interactions entre le contexte pédoclimatique et les pratiques agricoles, le précédent cultural notamment. Il s’agit de bien considérer les risques d’exposition aux différentes maladies.

Ainsi, « derrière un maïs ou un sorgho grain sans labour, seules sont préconisées les variétés avec une note supérieure ou égale à 5,5 pour l’accumulation de mycotoxines ». Quant aux maladies foliaires, « une variété résistante autorise à retarder les dates d’intervention et à diminuer les doses, jusqu’à diviser par deux le coût du traitement par rapport à une variété sensible ».

Observer les symptômes avant d’intervenir

La résistance des variétés permet donc de réduire la pression des maladies dans la parcelle ainsi que le potentiel de multiplication des bio-agresseurs. Si la culture n’est pas un « bon » hôte pour les champignons ou les virus pathogènes, leur nuisibilité en sera amoindrie. « En cultivant des variétés plus résistantes, il est possible d’envisager une réduction de l’usage des produits phytosanitaires, employés en dernier recours. »

Lorsqu’elle est disponible, la protection chimique des cultures nécessite un ou plusieurs passages, au bon stade et dans des conditions météorologiques parfois difficiles à réunir. « La résistance variétale apporte aussi un peu plus de sécurité et de flexibilité dans la conduite des cultures. » Avec des limites cependant car les variétés ne cumulent pas les résistances à toutes les maladies, et parce que les races de pathogènes et leur virulence peuvent évoluer dans le temps. « Les contournements de résistance aux rouilles obligent par exemple à actualiser régulièrement les évaluations des résistances des variétés. »

En cours de campagne, les interventions de protection des cultures sont à adapter aux symptômes observés, grâce à un suivi régulier des parcelles, et à la résistance de la variété choisie. « La décision d’intervenir peut aujourd’hui s’appuyer sur des outils d’aide à la décision, tels que les Bulletins de santé du végétal (BSV) ou encore le baromètre maladies d’Arvalis. Le raisonnement des applications chimiques est important dans un contexte de restriction des matières actives, de diminution des indices de fréquence de traitement (IFT) et de risque de développement de résistances chez les bioagresseurs. »

De 10 à 25 q/ha de moins selon la sensibilité de la variété
L’analyse des pertes de rendement mesurées dans les essais de 2008 à 2014, hors effet rouille jaune, révèle le rôle très significatif de la variété, s’échelonnant de 10 q/ha pour les plus résistantes à plus de 25 q/ha pour les plus sensibles. La prise en compte de la nuisibilité des maladies, à ajuster à la région et à la parcelle, permet de calculer une dépense fongicide optimale a priori.

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