Abeilles et grandes cultures De mai à juillet, les mauvaises herbes fournissent plus de 40 % du pollen

HB Terre-net Média

Une étude menée pendant cinq ans sur le régime alimentaire des abeilles en zones de grandes cultures révèle qu'en période de pénurie florale, elles trouvent leur pollen et leur nectar dans les plantes sauvages.

Bande fleurieLes dispositifs de bandes fleuries peuvent également fournir pollen et nectar aux butineuses. (©Terre-net Média)

Les facteurs de pression sur les populations d'abeilles sont nombreux : pesticides, maladies, parasites et prédateurs. La diminution des habitats semi-naturels tels que les haies, les prairies ou encore les bois pourrait également leur nuire en provoquant une pénurie de ressources alimentaires à des périodes clé de leur développement. Des chercheurs et techniciens de l’Inra, du CNRS, de l’Acta, de l’Itsap-Institut de l’abeille et du réseau des instituts des filières animales et végétales se sont intéressés à la composition de leur régime alimentaire au fil des mois. Pendant cinq ans, ils ont observé in situ les abeilles de 250 colonies réparties sur les 450 km² de la zone atelier Plaine & Val-de-Sèvre en Poitou-Charentes dans le cadre du dispositif Ecobee. 

Ainsi, entre mai et juillet, époque de floraison des deux principales cultures oléagineuses, colza et tournesol, les abeilles connaissent une période de disette de deux mois environ au moment de leur pic démographique. Le pollen récolté par les abeilles provient alors d’une grande diversité de plantes adventices (pour près de 40 %), d’arbres ou arbustes des bois et haies alentours. Le nectar reste quant à lui essentiellement fourni par les cultures. Il existe donc une relation entre les pollens récoltés, leur valeur nutritionnelle et la composition du paysage. Par exemple, en début de saison, période d’alimentation des larves, les abeilles vont préférer butiner des plantes à haute valeur nutritionnelle, riches en minéraux et protéines, présentes dans les forêts.

Cette étude souligne l’importance des préconisations agri-environnementales en faveur d’une augmentation de la disponibilité florale dans les paysages agricoles notamment par l’introduction de plantes productrices de nectar et de pollen et la préservation de la flore sauvage.


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