Observatoire Technique

Systèmes de cultures intégrés - Réduire de 50% les pesticides, c’est possible

( Publié le 18/08/2008 à 17h49 )
L’association Agro-transfert conduit depuis 2003 un projet « systèmes de culture intégrés » avec 8 fermes pilotes de Picardie. Les résultats à mi-parcours montrent qu’il est possible de réduire de l’ordre de 50% l’usage des pesticides en modifiant profondément l’assolement et les itinéraires techniques des cultures.

Pierre Mischler présente les résultats
à mi-parcours du projet
"systèmes de cultures intégrés" (© Terre-net)

« L’objectif est de passer de l’échelle de la conduite intégrée d’une culture à celle du système de culture dans son ensemble » explique Pierre Mischler, chargé de mission à Agro-transfert, à propos du projet « systèmes de cultures intégrés ». «Nos priorités sont la réduction des impacts négatifs liés à l’usage des phytosanitaires et à l’azote ».

L’indice de fréquence de traitement total divisé par 2

Dans les 8 exploitations, les systèmes de culture ont été repensés pour limiter le recours aux produits phytosanitaires : l’association a proposé des innovations pour améliorer la gestion des adventices, des maladies, des ravageurs et de la verse. Le groupe a ensuite élaboré une « bibliothèque » de règles d’action agronomiques à appliquer en fonction du contexte propre à chaque ferme.

« A mi-parcours, on constate des changements importants à l’échelle de l’exploitation : les assolements se sont davantage diversifiés avec le développement d’autres cultures comme l’orge de printemps » indique Pierre Mischler.


L'indice de fréquence de traitement global (tous pesticides confondus,
sur l'ensemble de l'exploitation) est deux fois plus faiblepour les 8 fermes
que la moyenne régionale de Picardie (© Agro-transfert)

La diminution d’utilisation des fongicides est très importante sur le blé, grâce à certaines modifications de l’itinéraire technique : sur l’ensemble des fermes, les semis sont retardés, la densité de semis est en baisse de 21% et plus de 85% des parcelles sont semées en variétés résistantes. L’indice de fréquence de traitement (Ift) des 8 fermes pilotes est descendu à 3 ou 4 doses/ha, alors que l’Ift moyen de Picardie sur cette culture est d’environ 6 doses/ha.

Difficile de réduire les herbicides

L’expérience montre que la réduction des herbicides est la plus difficile. Le déchaumage superficiel et le désherbage mécanique ont pris de l’importance pour compenser le non retournement du sol des fermes pratiquant le non labour. Bien que les anti-graminées soient moins utilisés, le recours au glyphosate augmente.

Caractéristiques des 8 fermes
  • Surfaces : de 100 à 220ha (céréales-betteraves)
  • De 1 à 4 Uth
  • Type de parcellaire :4 fermes ont un parcellaire plutôt regroupé, les 4 autres ont un parcellaire dispersé, avec 2 à 5 sites dont l’éloignement est de 4 à 20km
  • Sols dominants (67%): limons battants à argileux
  • Autres sols (33%): sables, cranettes, argiles, biefs, …
  • Performances techniques: dans le «groupe de tête» : fermes faisant partie de Centre d’études techniques agricoles (Ceta) ou de  Groupements d’étude et de développement agricole (Geda).

Source : Terre-net
Auteur : Yannick Biard
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