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400.000 repas bio ont été distribués en restauration collective dans la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur en 2000. A Lorient, 20% des repas servis au restaurant universitaires sont bio. Dans l'Isère, le Conseil général a affecté en septembre un budget spécial pour promouvoir l'alimentation biologique dans les cantines scolaires et les collectivités.
Le mouvement s'amorce prudemment à Paris. Les maires des vingt arrondissements parisiens ont examiné mercredi "la qualité et la sécurité alimentaire" dans les cantines et "les conditions de développement de l'offre de produits bio en fonction des capacités d'approvisionnement".
Là est le problème: l'offre de produits bio et les filières d'approvisionnement sont sous-développées en France, alors que la demande s'envole: +20% par an et même +30% en 2000. Plus de la moitié des aliments bio consommés dans l'hexagone sont importés.
Les choses s'améliorent lentement: on comptait en 2000 9.265 agriculteurs bio (+14% par rapport à 1999) et 370.000 hectares plantés en bio ou en conversion (+17%), soit 1,3% seulement de la surface agricole française.
Pour être économique, l'alimentation issue de l'agriculture biologique doit être de proximité. C'est évidemment plus facile à mettre en oeuvre dans le Gard qu'à Paris.
"Il y a un déséquilibre sur l'Ile-de-France, qui compte peu d'agriculteurs bio pour un potentiel de plusieurs millions de repas", a constaté mercredi Olivier Castelli, président d'Alliance Ile-de-France, un collectif d'association qui promeut le bio dans les cantines scolaires.
Alliance et 45 organisations écologistes et de consommateurs ont lancé mercredi une campagne nationale en faveur d'une alimentation saine.
Pour le Dr Lylian Le Goff, de France Nature Environnement, le bio doit forcément s'accompagner d'un effort pédagogique. "Pas question d'imposer le bio intégral aux gens qui ne sont pas demandeurs", souligne-t-il. A Lorient, le restaurant universitaire propose au choix repas bio et repas classique aux étudiants.
Une cantine qui proposerait sans effort d'explication des plats bio aux enfants élevés au hamburger risque tout simplement de voir revenir les plateaux en cuisine.
Une maman raconte la réaction de son enfant devant le yaourt bio proposé le midi à la cantine: "je l'ai pas mangé, il était pas sucré!".
Introduire le bio en restauration collective suppose aussi une formation des cuisiniers. Sans parler du coût: pour que les prix des repas ne s'envolent pas, il faut quasiment bannir la viande, car la viande bio est chère, et renforcer céréales et légumes, qui se sont raréfiés dans notre alimentation. Une politique d'éducation au goût est nécessaire.
Selon Alliance Ile-de-France, le surcoût maximal entre un repas bio et un repas classique est de 0.46 EUR 3 frans).
Pragmatiques, les municipalités et les écoles introduisent le bio ponctuellement, une ou deux fois par semaine, ou lors de "semaines bio", souligne Olivier Castelli. Parallèlement, les cantines, sous la pression des parents, tentent d'obtenir une meilleure "traçabilité" des aliments, de l'animal à l'assiette.
La mairie de Paris a affecté 610.000 euros (4 millions de francs) à la mise en place un dispositif de traçabilité des repas.
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