Vu dans Libération - - "Farines animales : omerta d'Etat"
( Publié le 26/03/2002 à : 10 H 43 min )
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Libération du 26 mars met en cause, dans deux articles dont l'un intitulé "Farines animales : omerta d'Etat", le comportement des sociétés publiques d'équarrissage et du ministère de l'Agriculture en réaction à la propagation de l'ESB (encéphalopathie spongiforme bovine) par les farines animales.
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Le quotidien appuie ses allégations sur un rapport, annexé à un dossier de la juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy, concernant la société d'équarrissage Saria qui conclue à "la forte implication des pouvoirs publics, (dont) les retards pris ont permis de favoriser le maintien de la rentabilité des sociétés d'équarrissage". Ce rapport, "rédigé par un ancien policier reconverti détective privé", Antoine Gaudino, précise que "Face à la découverte du premier cas d'ESB en France, les pouvoirs publics ont attendu près de dix ans avant d'interdire totalement l'utilisation de farines animales. Ces retards paraissent pouvoir être liés à des considérations industrielles". En effet, "l'équarissage (…) a principalement été exercé par des sociétés publiques".
Libération publie également un extrait d'une note de mai 1995 du directeur de la répression des fraudes (DGCCRF) au ministre de l'Economie concernant la question de l'ESB : "Nous nous sommes heurtés dans tous les cas à une profonde réticence du ministère de l'Agriculture. Ce dernier semble soucieux de privilégier des intérêts particuliers sans prendre suffisamment en compte la protection de la santé du consommateur". L'Inspection générale des finances (IGF) en rajoute avec un autre rapport qui "raconte une réunion interministérielle en 1992 où (le représentant du ministère) assène : "Le risque d'apparition de nouveaux cas est infinitésimal. L'ESB ne constitue une véritable épizootie qu'au Royaume-Uni ; en France, elle n'est qu'une maladie très sporadique."" Ce rapport conclu pourtant que "dans l'incertitude scientifique qui régnait à l'époque, il eût été raisonnable de prendre les mesures préventives les plus prudentes".
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Source : Milfeuille Presse
Auteur : Raphaël Richard d'après Libération du 26 mars
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