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Terre-net : Pouvez-vous faire un point de la situation sanitaire mondiale de la fièvre aphteuse ?
Bernard Vallat : Aujourd'hui, parmi les membres de l'OIE, 52 pays sont indemnes de fièvre aphteuse sans utiliser la vaccination, et notamment l'Union européenne où, apparemment, le virus ne circule plus, puisqu'il ne s'exprime plus du tout. L'UE a réussi à s'en débarrasser sans avoir recours à la vaccination, à l'exception des Pays-Bas, qui l'ont utilisée mais qui ont ensuite abattu les animaux vaccinés. Par contre, en Amérique du Sud, l'ampleur de la diffusion du virus a imposé le retour à la vaccination systématique, mais, d'après mes informations, les gouvernements ont l'intention d'arrêter à nouveau la vaccination lorsque la situation aura été rétablie. Le nombre de foyers est d'ailleurs en diminution au Brésil, en Argentine et en Urugay. Dans le reste du monde, il existe toujours une centaine de pays où la fièvre aphteuse est endémique, essentiellement dans les pays en voie de développement, qui n'ont pas les ressources nécessaires pour contrôler la maladie. Terre-net : Trouvez-vous judicieuse la décision de la France d'avoir adopté au 1er janvier 2002 l'abattage sélectif des troupeaux ?
Bernard Vallat : Si on se réfère aux normes adoptées par l'OIE, il existe une définition internationale des cohortes à risques qui doivent être détruites lorsqu'un cas d'ESB est détecté dans un troupeau. En adoptant l'abattage sélectif, la France s'est rapprochée des normes internationales et sa position repose clairement sur des bases scientifiques. Néanmoins, la pratique de l'abattage total était lié à des exigences injustifiées scientifiquement de pays importateurs, qui acceptaient certaines importations parce l'abattage total était en vigueur, même si cela n'était pas justifié. Son abandon peut avoir comme inconvénient pour la France de perdre certains marchés.
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