Agriculture biologique - - Qu'est-ce que la bio ?
( Publié le 10/12/2004 à : 15 H 07 min )

Sujet polémique s'il en est, l'agriculture biologique suscite des réactions extrêmes : unique solution pour le salut de la planète pour certains, vaste arnaque pour d'autres, qu'en est-il vraiment ? On peut trouver des définitions de ce type : « mode de production qui a pour objectif de rapprocher au maximum des conditions naturelles de vie des animaux et des plantes » (Fédération nationale de l'agriculture biologique). Qu'est-ce à dire ? Cet article ouvre un premier dossier sur l'agriculture biologique, il est légitime d'en rappeler les principes.

Un peu d'histoire L'agriculture biologique est née en Europe au début du siècle dernier sous l'influence de divers courants philosophiques et agronomiques qui avaient pour but : - de permettre aux sols de conserver leur fertilité naturelle ; - privilégier l'autonomie des exploitations agricoles ; - établir des relations directes avec les consommateurs ; - fournir des produits de qualité ; - respecter l'environnement. L'agriculture biologique s'est développée en France à partir des années cinquante sous l'impulsion de producteurs qui se sont organisés afin de promouvoir un mode alternatif de production agricole qui repose sur des principes éthiques : écologiques, sociaux et économiques. Une charte éthique pour définir les fondements d'une agriculture productive et durable Trois objectifs principaux ressortent : écologiques, sociaux et humanistes, et économiques. Un objectif écologique majeur : la non utilisation de produits chimiques de synthèse Cultiver de façon biologique, c'est vouloir préserver les équilibres naturels du sol et des plantes ainsi que la biodiversité, c'est aussi respecter au mieux les paysages et les zones sauvages. Aussi la recherche d'équilibre en matières organiques, l'utilisation du recyclage et le choix d'espèces animales et végétales adaptées aux conditions naturelles sont un souci permanent. Des objectifs sociaux très divers L'agriculture biologique est aussi un état d'esprit : favoriser la coopération par rapport à la compétition et l'emploi dans le secteur agricole, établir des liens avec le consommateur et respecter l'équité entre les différents acteurs de la filière. Elle défend également le droit des producteurs à vivre de leur travail et de leur terre et prône le respect de la santé animal et humaine. La recherche d'un développement économique cohérent En limitant l'utilisation des intrants, le besoin de main d'oeuvre augmente. La vente directe est un des moyens de créer un lien avec le consommateur, les deux extrémités de la chaîne agroalimentaire sont ainsi mises en présence. L'agriculture biologique contribue ainsi à une occupation équilibrée des territoires et à un renforcement de l'activité socio-économique dans les zones rurales. Un cadre réglementaire sujet à controverse Les règles de production biologiques sont consignées dans des cahiers des charges établis par les professionnels et homologués par l'Etat français et/ou par l'Union Européenne. Le respect de ces règles est vérifié par des organismes certificateurs indépendants qui contrôlent chaque unité de production et de transformation de produits biologiques. Ce contrôle, payé par l'opérateur, est effectué au minimum une fois par an et autant que nécessaire en rapport avec la complexité du processus de fabrication, tant pour la production que pour la transformation ; il aboutit à la certification des produits. Il est pour le consommateur la garantie que les produits qu'il achète auront été élaborés en respectant des cahiers des charges rigoureux. Seulement voilà, et c'est là que le bât blesse, le cahier des charges est une obligation de moyens... Etre certifié biologique n'est pas forcément en avoir l'esprit. D'où le conflit entre les « bio-opportunistes », qui s'en tiennent au respect du cahier des charges et qui ont converti leur exploitation uniquement pour toucher les primes dans le cadre d'un Contrat territorial d'exploitation (CTE) ou pour bénéficier de la plus-value engendrée par la certification et les « bio-convaincus », qui ont des pratiques qui leur permettraient d'obtenir la certification mais qui ne cautionnent pas le système de certification : être certifié biologique repose uniquement sur une obligation de moyens, mais pas de fin. Un logo pour repérer : AB Les produits issus de l'agriculture biologique sont composés de plus de 95% d'ingrédients biologiques. Le logo AB, propriété de l'État, est facultatif. Son apposition sur le produit permet au consommateur d'identifier immédiatement et sans aucune ambiguïté les productions biologiques, garantissant ainsi le strict respect des cahiers des charges.

Source : Milfeuille Presse

Auteur : Damien Cavarroc

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