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L'enquête a débuté en 1999 lorsque l'OLAF a été informé par la Direzione Distrettuale Antimafia de la Procura della Repubblica de Naples qu'il était apparu, dans le cadre d'une enquête plus vaste ouverte à l'encontre d'un clan de la "Camorra" napolitaine, qu'un groupe mafieux avait constitué une véritable "holding mafieuse", comptant certains des principaux producteurs de beurre à usage industriel d'Italie méridionale.
Ce groupe qui occupe désormais une position dominante, avait réussi à acquérir le contrôle de l'une des principales entreprises du secteur opérant en Italie septentrionale, devenant ainsi l'un des principaux producteurs italiens de beurre. Le déroulement des enquêtes, auxquelles l'OLAF a apporté sa collaboration grâce à son réseau de relations internationales et à l'organisation de missions spéciales en Italie, en France et en Belgique, a ouvert de nouvelles pistes dans deux secteurs différents mais liés: celui de la falsification/frelatage du produit destiné principalement à l'alimentation humaine, et celui de la fraude au détriment du budget communautaire.
Au cours de ces dernières semaines, grâce à la coordination assurée par l'OLAF sur le plan international, près de soixante-dix perquisitions ont été effectuées simultanément en Italie, en France et en Belgique dans certaines entreprises et au domicile de particuliers; elles ont permis de saisir des quantités considérables de beurre frelaté et de procéder à l'arrestation de nombreuses personnes en Italie et en France. Les enquêtes de la Direzione Distrettuale Antimafia de la Procura della Repubblica de Naples et de la Guardia di Finanza italienne (Nucleo Speciale Repressionne Frodi Comunitarie e Comando Provinciale di Caserta) ont également permis de repérer les distributeurs des substances de frelatage, les chefs d'entreprises, les transporteurs, les auteurs de fausses factures émises pour dissimuler la commercialisation des substances de frelatage, ainsi que certains fonctionnaires corrompus appartenant aux organismes chargés d'effectuer les contrôles dans ce secteur.
La fraude a consisté en résumé à utiliser, au cours de la période de trois ans comprise entre 1997 et 1999, environ 5 000 tonnes de substances de frelatage d'origine animale (suif de b_uf) et végétale, ainsi que 400 tonnes de substances chimiques de synthèse obtenues en laboratoire, qui ont servi à la fabrication d'une production totale de 16 000 tonnes de produit fini, faussement déclaré comme étant du beurre.
Le beurre frelaté a été utilisé pour la production de préparations alimentaires, de beurre ou de beurre concentré.
Les enquêtes pour déterminer le montant exact du préjudice financier subi par le budget communautaire sont encore en cours.
Il convient en effet de rappeler que le beurre, qui est l'un des ingrédients les plus répandus dans la production alimentaire européenne, bénéficie de subventions accordées par l'Union européenne. Celles-ci consistent tant en "restitutions à l'exportation" octroyées lorsque le produit est exporté vers des pays tiers, qu'en aides communautaires accordées pour la transformation de beurre destiné à la fabrication de produits de pâtisserie et commercialisé sur le marché intérieur de la Communauté.
Les enquêtes ont fait apparaïtre que les membres de la société mafieuse opérant dans la région de Naples avec la complicité de différents chefs d'entreprises d'Italie du Nord et l'appui complaisant d'importantes sociétés françaises et belges du secteur, et grâce à la corruption de fonctionnaires publics, ont commercialisé le produit frelaté, composé dans une large mesure d'additifs chimiques, de suif de boeuf ainsi que de matières grasses destinées à l'industrie des cosmétiques et à des usages non alimentaires (dans un cas, le produit en provenance d'Italie saisi dans une usine belge, ne présentait pas la moindre trace de composants laitiers ou fromagers).
Ce résultat est le fruit de la très étroite collaboration que l'Office européen de lutte antifraude a menée depuis des années avec les autorités judiciaires italiennes, et en particulier avec la Procura della Repubblica de Naples, la Guardia di Finanza italienne, l'Office de Répression de la Grande Délinquance Financière de la Police Judiciaire française et l'Office Central de Lutte contre la Délinquance Économique et Financière belge.
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