Agroalimentaire 2016, une année difficile pour les industriels de l'alimentation selon l'Ania

AFP

Les industries agroalimentaires ont connu une année 2016 difficile avec une forte volatilité des matières premières, une guerre des prix de la grande distribution s'ajoutant à la pression fiscale, a dénoncé mardi l'interprofession qui craint que ces problèmes ne perdurent en 2017.

« Nous nous retrouvons face à trois problèmes jamais vus en une seule année : une flambée des matières premières agricoles, une pression sur les prix de la part de la grande distribution et une pression fiscale qui paralyse l'investissement et les recrutements », a déclaré lors d'une conférence de presse le président de l'Association des industries alimentaires (Ania), Jean-Philippe Girard.

Le prix du blé a en effet pris 16 % en 2016, celui du lait 30 %, le porc 22 %, les huiles d'olive et de colza 16 %, et le jus d'orange 50 %.

Ces tensions traduisent des conditions climatiques défavorables et une demande soutenue des pays émergents, et 2017 devrait marquer une poursuite des tensions inflationnistes, selon l'Ania.

Et malgré la hausse des coûts de leurs matières premières, les industriels n'ont pas réussi à faire monter significativement leurs tarifs lors des négociations avec la grande distribution.

« La pression a été très forte et toutes les négociations ont débuté à la baisse. A la fin, personne n'a pu passer les hausses nécessaires prévues », pour conserver les marges des industriels, a expliqué Jean-Philippe Girard s'interrogeant sur « comment recréer de la valeur si on n'accepte pas un minimum d'inflation sur les produits alimentaires ».

Car la guerre des prix que mènent les grandes enseignes de la distribution depuis 2013 a entraîné « 43 mois consécutifs de déflation » sur les produits alimentaires, a calculé l'Ania.

L'Ania dénonce également les 33 taxes qui pèsent sur le secteur agroalimentaire, « soit trois fois plus qu'en Allemagne et en Italie », selon Jean-Philippe Girard, et qui en font le pays européen où la filière est la plus lourdement taxée.

« Cette combinaison nous fait perdre une compétitivité globale et donc des parts de marché à l'export », constate le président de l'Ania.

L'excédent commercial du secteur agroalimentaire est en baisse de 12 % par rapport à 2015, à 7,2 milliards d'euros. Toutefois, si on ne tient pas compte des vins et spiritueux, on tombe à un déficit commercial de 4,1 milliards d'euros.

L'industrie agroalimentaire française représente 17.647 entreprises, majoritairement des TPE-PME, et 427.213 emplois directs, pour un chiffre d'affaires de 172 milliards d'euros.


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