Exportation La France espère vendre à nouveau du blé à la Chine

AFP

PARIS, 5 oct 2004 (AFP) - La visite en Chine du président Jacques Chirac devrait permettre aux dirigeants chinois d'exprimer leur volonté d'acheter à nouveau des céréales françaises, ce qu'ils n'ont pas fait depuis près de 10 ans, espèrent les céréaliers français.

"Nous attendons, lors ce voyage, une annonce de la volonté de la Chine de renouer avec l'achat de céréales françaises, ce qu'elle n'a pas fait depuis huit campagnes", a déclaré à l'AFP Margot Grouss, directrice de France Export Céréales, l'organisme de promotion des céréales françaises à l'export. L'optimisme des céréaliers français se base sur le fait que, selon eux, "la Chine est en train de redevenir l'importateur majeur de blé" qu'elle a été au cours de la période 1977-1996. Entre 1985 et 1996 la France avait vendu 7,7 millions de tonnes de blé, rappelle-t-on. Fin août, le vice-Premier ministre Hui Liangyu, cité par l'agence officielle Chine Nouvelle, avait reconnu que la Chine enregistrera cette année un déficit de 25 millions de tonnes de céréales malgré une excellente récolte qui pourtant devrait permettre au gouvernement d'atteindre ou même dépasser son objectif de 455 millions de tonnes. En 2003, la production céréalière chinoise avait atteint 430,6 millions de tonnes, en baisse de 26,4 millions de tonnes sur 2002, après la production record de 512 millions de tonnes enregistrée en 1998. Pour France Céréales Export, "la Chine est structurellement déficitaire en blé depuis plusieurs années avec, aujourd'hui, une production de 86 millions de tonnes pour une consommation de 109 millions de tonnes. Si cette situation n'a pas conduit, depuis 1995-1996, à des achats importants à l'étranger, c'est grâce au recours aux réserves stratégiques".

Après une mission effectuée en septembre à Pékin au cours de laquelle elle a rencontré les responsables de COFCO, la plus grosse société de négoce au monde, Mme Grouss estime que "la Chine a besoin de reconstituer ses stocks". Si la Chine achetait à l'étranger pour la campagne 2004-2005, qui a débuté en juillet, 10 millions de tonnes de blé sur un total de 100 millions de tonnes pour le marché mondial de l'exportation "cela pèsera lourd et cela aura des répercussions sur les prix", souligne la directrice de France Céréales Export. Or, après une mauvaise année 2003 à cause de la canicule, la récolte française de céréales en 2004 est abondante (52,9 millions de tonnes - dont 37,4 MT de blé tendre - très près du record de 1998 à 53,0 MT) et de qualité. "La France va avoir un excédent de 9 millions de tonnes de blé, dont 5 devront être exportés vers les autres pays de l'Union Européenne et 4 sur les pays tiers", affirme Mme Grouss. Mais, comme "le dernier grand contrat français de 1995 a donné une image très négative du blé français, image qui perdure encore", selon un document de France Céréales Export, "il est aujourd'hui nécessaire de démontrer que le blé français peut répondre aux besoins de la meunerie et de l'industrie agroalimentaire chinoises". Aussi les négociants français (Soufflet, Dreyfus, InVivo, Granit, etc..) devront peut-être attendre avant de conclure des contrats avec la Chine. "Depuis 10 ans, je n'ai jamais rencontré les autorités chinoises sans leur parler de notre blé. Il faut être patient", a conseillé M. Chirac à Jean-Jacques Vorimore, le président de France Export Céréales, lorsqu'il a reçu à l'Elysée, le 27 septembre, certains des chefs d'entreprise qui l'accompagneront lors de sa visite d'Etat du 8 au 12 octobre.



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