Sucre Oxfam critique les producteurs européens

AFP

LONDRES, 14 avril 2004 - Les producteurs de sucre au sein de l'Union européenne (UE) profitent de prix garantis pour s'enrichir en produisant plus que nécessaire, tout en déstabilisant les cours sur les marchés mondiaux, a accusé l'ONG britannique Oxfam dans un rapport publié mercredi.

Selon cette organisation non gouvernementale (ONG), les producteurs européens dégagent chaque année des tonnes d'excédent de sucre qui sont ensuite vendues sur les marchés mondiaux. Ils sont eux-même protégés au sein de l'UE par des taxes élevées à l'importation. Le système en vigueur "récompense les grands groupes et les riches agriculteurs, avec l'aide de l'argent des contribuables et des consommateurs européens, tout en exacerbant la pauvreté dans les pays en voie de développement", selon Oxfam.

"La folie de tout cela, c'est que nous produisons beaucoup plus de sucre que nous pouvons en consommer en Europe et cela coûte très cher", ajoute Oxfam. "Ensuite, non contents d'avoir fermé nos marchés aux pays en voie de développement, nous nous débarrassons de nos surplus chez eux", ce qui destabilise les prix et appauvrit les petits producteurs, déclare l'organisation.

L'impact sur les pays en voie de développement est énorme, juge Oxfam, qui estime que la vente des surplus de sucre européen fait perdre chaque année 494 millions de dollars (415 millions d'euros) au Brésil et 151 millions de dollars à la Thaïlande. Les pays les moins développés ont un accès très limité aux pays de l'UE, selon l'organisation. Ainsi, les quotas annuels alloués à 49 pays les moins développés représentent seulement trois jours de consommation de l'UE, ajoute-t-elle.

Pour trois des pays les plus pauvres au monde, la Mozambique, Malawi et l'Ethiopie, les revenus potentiels tirés du sucre ont diminué de 238 millions de dollars depuis 2001 en raison des quotas européens, selon l'ONG. Oxfam appelle l'UE à améliorer l'accès de ces pays au marché européen, réduire son propre niveau de production et arrêter de déverser ses surplus chez les pays en voie de développement.



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