Echanges commerciaux A l’Omc, il faut éviter un échec selon le Cepii

Frédérc Hénin Terre-net Média

Même si les gains en matière de croissance sont faibles, l’absence d’accord commercial entre les pays membres de l’Omc pourrait conduire au retour au protectionnisme qui nuirait alors à l’expansion économique mondiale.

Lionel Fontagné, conseiller scientifique au Cepii
Lionel Fontagné, conseiller scientifique au Cepii (© Cepii)

Dans un mois, se déroulera à Genève une réunion des représentants des 150 pays membres de l’Omc, pour tenter de relancer les négociations visant à libéraliser et à faciliter les échanges commerciaux de produits agricoles et industriels mais aussi les services.

Dix après le lancement du cycle de Doha, aboutir à un accord commercial reste d’actualité, même si les conditions politiques et économiques ont changé. En matière d’agriculture, l’heure n’est plus à l’écoulement des excédents mais au développement de la production agricole mondiale.

Mais selon Lionel Fontagné, conseiller scientifique au Cepii (1), il faut éviter un échec car l’absence de règles commerciales serait nuisible à l’essor économique. Certes la libéralisation des échanges n’induirait qu’un supplément de croissance du Pib mondial d’au plus 0,2 % par an à l’horizon de 2025, « mais quel serait le coût économique du retour à des mesures protectionnistes ou le développement d’accord bilatéraux qui mettraient systématiquement les petits pays en position d’infériorité ? », s’interroge Lionel Fontagné.

Sans accord, « la crédibilité de l’Organisation mondiale du commerce serait écornée », défend par ailleurs le conseiller scientifique du Cepii. Aujourd’hui, elle est une instance respectée où ses membres ont le même poids, même les pays en développement, et elle a pour ses raisons, autorité à régler les différents commerciaux. Mais un accord n’a de chance d’aboutir que si les règles de fonctionnement « moyenâgeuses » changent et soient davantage en phase avec les objectifs affichés, défend le conseiller scientifique du Cepii.

Les objectifs du G20 compatibles avec un accord à l'Omc

En matière agricole, l’Omc contribuerait à accroître jusqu’à 37 milliards d’euros par an les échanges mondiaux. Et après la Chine, l’Europe en serait la seconde bénéficiaire avec un supplément de croissance annuelle de 11 milliards d’euros. Mais surtout, l’impact final en termes de bien-être pour les populations serait important.

Depuis dix ans, les gouvernements ont acquis la conviction que le commerce ne crée pas le développement économique; il y contribue. Mais l’essor des échanges commerciaux ne constitue pas non plus une atteinte à la sécurité alimentaire. Il n’entre pas non plus en contradiction avec les objectifs du G20 agricole de produire plus et mieux.

Au contraire, un accord commercial entre les 150 pays membres pourrait contribuer à renforcer leur sécurité alimentaire des pays, en optimisant leurs moyens de production et en facilitant l’accés aux produits agricoles sur les marchés.

(1) Centre d’études prospectives et d’informations internationales

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