Colloque « La course au foncier » Préserver les terres pour assurer la sécurité alimentaire

Frédéric Hénin Terre-net média

Outre le réchauffement climatique et la croissance démographique, c’est d’abord la disparition effrénée de terres arables et la rareté du foncier qui constituent la première insécurité alimentaire de la planète. A travers différents témoignages et exposés, le colloque de l’Afdi rappelle cette évidence.

Pourquoi ne pas fonder une Ongfa, organisation non gouvernementale du foncier agricole ? C’est ce qui pourrait découler des échanges entre experts lors du colloque organisé par l’Afdi (agriculteurs français et développement international) qui s’est tenu le 25 juin 2009.

L’artificialisation des terres dans les pays occidentaux et les investissements massifs des agroentrepeneurs étrangers dans les pays en développement sur de centaines de milliers d’hectares, avec comme objectif d’assurer la sécurité alimentaire de leur population au détriment de celle des paysans expulsés ou réduits au statut d’ouvriers agricoles, font partie des fléaux qui affectent l’agriculture mondiale.


Massako Konta et Haja Andrianavalona(© Terre-net Média)
Ainsi, le colloque de l’Afdi consacré à «la course au foncier », à son gaspillage et à son détournement, montrent que la baisse des surfaces arables conduit sur tous les continents à la disparition de paysans et d’agriculteurs. Or c’est oublier qu’il n’y a pas sécurité alimentaire et de développement économique sans terres.

Un avertissement

 La crise alimentaire de 2007/2008 et l’inflation qui en a découlé n’est pas un accident mais un avertissement lancé à l’ensemble des populations de la planète. La croissance démographique et le réchauffement climatique qui produit déjà ses effets, ne pourront que conduire à la répétition de telles crises.

Ces idées défendues lors du colloque de l’Afdi ont été illustrées par les témoignages d’Haja Andrianavalona (Madagascar)  et Massako Konta (Mali - respectiveent à droite et à gauche sur la photo) qui ont porté sur les investissements étrangers fonciers dans leurs pays. Une occasion pour démentir les arguments tenus par ces investisseurs et de révéler les carences du droit à la propriété dans de nombreux pays.

L’intervention des représentants de JA et de la Fnsafer a été l’occasion de rappeler que la course au foncier est aussi un problème occidental et français en particulier. Le foncier n’est pas suffisamment considéré comme une ressource limitée et de plus en plus rare qui mérite d’être protégée. Les terres agricoles sont trop souvent l’enjeu d’intérêts économiques, spéculatifs et financiers qui dépassent largement leur vocation agricole.

Les motivations des agroentrereneurs selon l'Agter

 L'Amélioration de la Gouvernance de la Terre, de l'Eau et des Ressources (Agter) souligne qu’un des principaux arguments des partisans  de la mise en place d'investissements étrangers consiste à affirmer que les nationaux sont incapables de mettre en valeur les ressources dont ils disposent, par
manque de moyens financiers, manque de maîtrise des techniques de pointe qui seraient nécessaires, et aussi souvent du fait des structures sociales, qui bloquent tout changement. Un autre argumentaire important des partisans de cette voie de développement consiste à affirmer qu'elle constitue la façon la plus efficace de réduire la pauvreté d'une façon globale. Il est également avancé que de tels projets peuvent permettre une meilleure protection de l'environnement par une meilleure utilisation des ressources...

Pour Agter, les risques liés à ces phénomènes d’accaparement sont également nombreux : forte fluctuation du prix des matières premières, renforcement des inégalités et des conflits, affaiblissement de la sécurité alimentaire, dégradation de l'environnement et surexploitation des ressources, disparition des agricultures paysannes et de leurs savoir-faire…
Selon eux, un des risques majeurs de ces processus d’accaparement massifs des terres et des ressources naturelles est celui d’une accélération du développement de l’agrobusiness et de la destruction des agricultures familiales.

Pour en savoir plus lire « La course au foncier dans les pays en développement ».


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