Agriculture, transports... Le redoux attendu pour limiter les dégâts du froid

AFP

La vague de froid en France, qui gênait encore lundi la circulation, a perturbé d'autres secteurs économiques mais les dégâts semblent pour l'heure relativement limités, en l'absence de bilans chiffrés, à condition que le redoux annoncé en fin de semaine soit là.


Les conséquences des fortes chutes de neige ne se limitent
pas aux bâtiments d'élevage, elles sont aussi économiques.
(© Terre-net Média)
Agriculture, transports, distribution, Btp ou énergie: l'impact des intempéries ne s'est pas fait sentir de la même manière. Lundi encore, Bretagne et Provence-Alpes-Côte d'Azur étaient placées sous « alerte orange » par le Réseau de Transport d'Electricité en raison d'un boom de consommation des chauffages électriques. Chauffage des particuliers mais aussi des serres hors gel des agriculteurs. Certaines plantations ont même été décalées comme celles de salades sous abri.

« On a deux semaines de retard mais on ne va pas planter s'il faut chauffer », explique la présidente de la Fédération nationale des producteurs de légumes Angélique Delahaye. Pour les légumes et fruits, beaucoup d'agriculteurs avaient anticipé la vague de froid et cueilli en amont du gel pour stocker. Pour les autres, accéder à ses parcelles a relevé parfois du parcours du combattant pour une récolte impossible. Pour les carottes et poireaux, les dégâts, visibles au dégel, seront importants si une période d'humidité a précédé localement le grand froid. Les légumes oubliés (topinambours, panais etc), les courges et les oignons ont déjà enregistré des hausses de prix entre 10 et 20%, selon Hervé Montano, responsable export de la société Kerléguer à Rungis.

En fait, chacun croise les doigts pour que le redoux annoncé pour le milieu ou la fin de semaine arrive bien sinon « les conséquences risquent d'être vraiment dommageables », dit le président de la chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône André Boulard.

Agriculture, bâtiment, transport, commerce... tous les secteurs sont concernés

Outre la neige qui a pu faire s'effondrer des bâtiments agricoles, le grand point noir est venu des transports. Pour cause de réseaux secondaires impraticables, les collectes de lait dans l'Ouest ou en Auvergne, n'ont pu se faire. Les mareyeurs bretons n'ont toujours pas pu acheminer leur marchandise.

A l'usine Psa de Rennes, vendredi a rimé avec chômage, par manque de pièces. « Un camion bloqué représente plusieurs milliers d'euros de perte », explique Nicolas Paulissen, délégué général adjoint de la Fédération nationale des transports routiers. Pour les automobilistes, avoir des pneus neige n'est pas gagné non plus. Michelin constate un retard dans les délais d'approvisionnement qui suit un hiver 2008-2009 déjà rigoureux qui avait entraîné des déstockages. Dans les airs, l'aéroport de Nice, 3è aéroport français, a enregistré au total 108 annulations de vol, affectant 11.500 passagers. A Chambéry, les 2.000 passagers essentiellement russes bloqués entre samedi et dimanche devaient tous être repartis lundi soir. A Lyon Saint-Exupéry, 263 vols ont été annulés entre vendredi et dimanche. Dans le bâtiment, si le mauvais temps est « assez traditionnel », 2009 a été « une année très mauvaise (...) qui s'était soldée par un coût de 41,6 millions d'euros », rappelle Didier Ridoret, président de la Fédération du Bâtiment.

A l'inverse, certains secteurs se frottent les mains. A Metz, un salon du chauffage et de l'isolation, qui s'est terminé dimanche, a accueilli 3.500 visiteurs contre 2.000 l'an dernier. Dans l'habillement, les soldes n'ont pas été pénalisés hormis pour les régions sous la neige qui a affecté la fréquentation. « Il faut un froid sec pour que les soldes marchent bien, que les gens aient envie de s'habiller », résume Claude Boulle, président de l'Union du grand commerce de centre-ville.


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