Ania Les industries alimentaires résistent à la crise

Frédéric Hénin Terre-net média

Si 70 % de la production agricole française est transformée par les entreprises françaises de l’alimentation, il est regrettable que les paysans ne profitent pas du dynamisme de l’industrie de l’alimentation en bénéficiant de prix rémunérateurs.


Jean René Buisson, président de l'Ania.
(© Terre-net Média)
« L’industrie alimentaire résiste à la crise ». Tel est le message rassurant que Jean-René Buisson, président de l’association nationale des industries alimentaires (Ania), a tenu à faire passer lundi 27 avril 2009 en présentant les résultats du premier secteur économique français (162,9 milliards d’euros). L’emploi reste stable (412.500 salariés, -0,6% par rapport à 2007) et les entreprises continuent à investir.

En cette période de crise, leur petite dimension les rendrait moins vulnérables à la conjoncture. Les entrepreneurs sont même encore confrontés à une pénurie chronique de candidats. Dix mille postes sont à pourvoir immédiatement et 30.000 départs à la retraite doivent être remplacés d’ici cinq ans.

Avec moins de défaillances que dans les autres secteurs d’activité, les industries de l’alimentation remplissent une double fonction : celle de maintenir des emplois souvent non délocalisables en zone rurale et aussi, celle d’assurer un débouché à près de 70% de la production agricole française.

La hausse des importations de produits agricoles traduit cependant l’intérêt de maintenir une production agricole importante au niveau national. Les entreprises n’hésitant pas à s’approvisionner à l’import si elles ne parviennent pas à trouver sur le marché national des matières premières bon marché en quantités suffisantes. Selon Jean-René Buisson, cela se traduit aussi par une maitrise des surfaces consacrées à la production d’agro-carburants. Et pour les agriculteurs, par l’obligation de demeurer compétitifs. Ainsi, il parait exclu que le prix du lait soit encore longtemps rémunéré au niveau actuel. «Sans céder aux pressions baissières extrêmes, une diminution du prix du lait est incontournable » a déclaré Jean René Buisson qui laisse sur ce sujet les professionnels livrer bataille.

Des importations croissantes

Si l’excédent commercial de 6,6 milliards d’euros parait élevé au regard des déficits des autres branches d'activité, les performances commerciales de la France masquent cependant des faiblesses qu’il est important de combler. L'exédent commercial est en fait en recul de 17% sur un an en raison des importations onéreuses de matières premières. Au niveau de l’exploitation, il est regrettable que les paysans ne profitent pas pleinement du dynamisme de la filière à travers des prix plus rémunérateurs.

Un des principaux enjeux des industries de l’alimentation vise aussi à s’adapter à la volatilité des cours des matières premières et à leur capacité à répercuter les hausses, mais aussi les baisses, des prix de vente auprès de la grande distribution et du consommateur. Mais les temps changent. Il faut s’attendre à un recul de 1% à 2% des prix de vente des produits transformés négociés auprès des distributeurs.

Autre tendance observée ces douze derniers mois, une moindre progression de la part des produits hard discount dans le caddie des ménagères (+0,5%). A contrario, les produits de marque perdent du terrain (-9% en un an). « Le consommateur arbitre entre des produits à forte valeur ajoutée et les autres. Pour les premiers, il est prêt à payer le prix si ce dernier traduit réellement un contenu en valeur ajoutée incontestable », a déclaré Jean René Buisson. 


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