Industries agroalimentaires Après une année 2013 dans le rouge, pas sûr que 2014 soit meilleure

Terre-net Média

Avec des indicateurs 2013 dans le rouge, l’année 2013 a été « noire » pour les industriels de l’agroalimentaire. Et les moyens et objectifs du pacte de responsabilité fixés à trop long terme ne donnent guère de perspectives plus optimistes pour 2014.

Pour l'Ania, la guerre des prix que se livre les distributeurs est l'une des principales causes des difficultés du secteur agroalimentaire.Pour l'Ania, la guerre des prix que se livrent les distributeurs est l'une des principales causes
des difficultés du secteur agroalimentaire. (©Terre-net Média)

Quasiment tous les indicateurs économiques des filières agroalimentaires sont rouges pour 2013 : le chiffre d’affaires du premier secteur industriel de France, après l’aéronautique, a bien progressé en valeur de 0,6 % par rapport à 2012 pour s’établir à 160,5 Mds€, mais la production a baissé de 2,2 %.

« 2013 a été une année extrêmement difficile », a commenté Jean-Philippe Girard, le président de l’Ania, lors de la présentation d’un bilan 2013 finalement « noir ». « Les entreprises tournées à l’export s’en sont mieux sorties que celles qui se concentrent sur le marché national. »

Ombre supplémentaire au tableau, le solde commercial agroalimentaire a lui aussi baissé. Les exportations ont bien augmenté de 1,4 % en un an, mais pas autant que les importations. Ces dernières ont diminué de 3,9 %. Avec 8,466 Mds€, le solde commercial diminue de 719 M€, soit une baisse de 8,5 % !

En matière d’emplois, les 316 défaillances d’entreprises enregistrées l’an dernier, contre environ 220 en 2011, ont pesé lourd sur l’emploi du secteur. Ce dernier a perdu 4.824 emplois ! « Il y a environ 100 défaillances d’entreprises de trop par rapport à une année normale », souligne le président.

Seules les prévisions d’investissements au vert

Après cette année « noire », 2014 s’annonce "moins pire" à défaut d’être bonne. En cette mi-avril, « environ 1.000 emplois sont en souffrance, comme l’an dernier à la même période » s’alarme Jean-Philippe Girard. De quoi présager 5.000 suppressions d’emplois d’ici la fin de l’année, notamment dans le secteur de la viande, le plus touché par les difficultés.

Ceci dit, les suppressions d’emplois dans le secteur agroalimentaire, quand bien même leur nombre s’avère élevé en 2013, ne datent pas d’hier ni même du début de la crise économique en 2009, mais constitue une tendance lourde depuis 2004.

Les prévisions d’investissements constituent le seul indicateur qui fait dire à l’Ania que l’année 2014 sera peut-être meilleure que 2013 : les industriels prévoient des investissements en hausse de 7 % alors que les prévisions, ces derniers mois, étaient plutôt baissières.

La guerre des prix principale cause des difficultés

Mais les entreprises de l’agroalimentaire ne pourront être véritablement optimistes qu’à la condition que les distributeurs cessent la guerre des prix qu’ils entretiennent au nom du pouvoir d’achat du consommateur. « Nous ne serons optimistes qu’à cette condition », a insisté le président de l’Ania. Or la loi sur la consommation et les maigres mesures qu’elle contient pour redonner du pouvoir aux industriels face aux distributeurs ne changeront pas la donne. Le maintien ou non de cette guerre des prix reste soumis  au bon vouloir de la distribution.

Quant au pacte de responsabilité, les entreprises agroalimentaires, tout comme les coopératives agricoles, sont prêtes à s’y engager. « Avant même le pacte, notre secteur s’était engagé à recruter 90.000 nouveaux salariés d’ici 2017, auxquels il faut ajouter 150.000 jeunes en alternance que nous souhaitons former. » Mais le train des allègements de charges promis par le gouvernement ne va pas assez vite selon l’Ania. « Les entreprises ne peuvent se projeter dans les deux ou trois ans qui viennent quand leur principal souci est de savoir comment continuer à payer les salariés tout au long de l’année ! »

Reste, pour l’Ania, de regretter l’absence de secrétaire d’Etat à l’Agroalimentaire dans le nouveau gouvernement, en remplacement de Guillaume Garot, ex-ministre délégué auprès de Stéphane Le Foll. Ce dernier sera désormais seul pour gérer les dossiers agricoles et agroalimentaires, en plus de sa nouvelle fonction de porte-parole. « Mais Stéphane Le Foll connaît bien nos dossiers », se rassure Jean-Philippe Girard. L’Ania sera d’ailleurs reçue à l’Elysée par le chef de l’Etat et le ministre de l’Agriculture mardi 15 avril.


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