5ème colloque des marchés Les agriculteurs à la recherche d’outils d’aide à la décision pour la campagne 2008/2009

Frédéric Hénin Terre-net média

Quel sera le revenu de 2009 ? C’est la question essentielle à laquelle près de 150 agriculteurs, parmi les 143.000 fidèles de Terre-net Média, ont tenté de répondre tout au long du 5ème colloque des marchés qui s’est tenu mardi 19 novembre 2008 à Beauvais.

Retour sur les thèmes abordés lors de ce colloque organisé par Terre-net Média. Les participants venaient majoritairement du grand Centre de la France, de l’Est et du Nord-Pas de Calais. Se sont joints à eux quelques bretons et normands. Stéphane Feys, agriculteur belge, aimerait bien qu’un tel colloque se déroule en Wallonie. Quatre vingt pour cent des participants dirigent des exploitations de plus de 100 hectares et même 20% des entreprises de plus 250 hectares.

Des lycéens en terminale Stav de l’institut agricole de Pierrefond (Oise) étaient aussi présents pour la journée. Selon Thibault Beters et Jean Grégoire Boulanger, les exposés et les ateliers au programme ont renforcé leurs convictions sur l’importance à accorder à la gestion et à la connaissance des marchés dans la conduite de l’exploitation familiale qu’ils ont l’intention de reprendre ( voir interview de Thibault Beters sur Terre-net).

Relativiser l'importance à accorder aux biocarburants

Au programme de la journée, cinq ateliers sur l’environnement des marchés, la commercialisation des céréales ou encore les clés et les perspectives pour anticiper la campagne de 2009. Un panorama de la situation des marchés des céréales et des oléo-protéagineux a rappelé aux invités leurs interactions. « L’Union devra exporter plus de 16 millions de tonnes de blé pour ne pas être inondée de stocks à la fin de la campagne 2008/2009. Les marchés sont tendus. Outre le repli des fonds spéculatifs, ce sont aussi des volumes massifs de blé ukrainien de qualité fourragère entrés en concurrence avec le maïs, qui sont à l’origine, ces derniers mois, de l’effondrement des cours », assure Michel Portier d’Agritel. Et ce sont aussi parfois des conditions de financement d’achats de blé avantageuses qui déterminent la conclusion des contrats à l’export (cas des importations massives de blé américains par l’Egypte). Pour sa part, le topo de Michèle Meunier a permis de relativiser l’importance à accorder aux biocarburants (éthanol et biodiésel) pour expliquer l’évolution des prix céréales.

Des outils d’aide à la décision

Autre thème traité, la volatilité des prix avec laquelle les agriculteurs n’ont pas d’autre choix que de l’accepter pour mieux l’appréhender. La spéculation, l’évolution des parités monétaires font dorénavant partie de leur quotidien. Les coûts du fret, l’évolution réglementaire sur la production de biocarburants ou encore les prix des intrants… Tous ces facteurs influent aussi sur les quantités de céréales mises sur les marchés, sur les échanges commerciaux de produits agricoles et sur le niveau des prix auxquels la centaine d’agri-managers commercialisent leurs récoltes. Bruxelles n’est plus le rempart des agriculteurs face au reste du Monde !

A l’échelle de l’exploitation, Michel Portier et Pascal Van de Weghe ont montré l’importance à accorder à la connaissance des coûts de revient de chacune des productions des exploitations des agriculteurs présents.


Stéphane Feys, agriculteur belge, aimerait bien qu’un tel colloque
se déroule en Wallonie (© Terre-net Média)
134 euros par tonne, c’est le point mort (ou prix de revient) pour le blé des exploitations céréalières en terres lourdes calculé par Michel Portier (1) devant les participants. C'est-à-dire le prix minimum à partir duquel les exploitants devront vendre cette céréale pour commencer à dégager un revenu. C’est aussi le prix par rapport auquel les agriculteurs devront se positionner sur le marché à terme dont Pascal Van de Weghe a expliqué le fonctionnement (tout au moins les grandes lignes).

A la fin de la journée, la centaine agri-managers sont ainsi repartis avec davantage d’outils d’aide à la décision en leur possession pour affiner leur stratégie de commercialisation en 2009. Conscients d’être immergés dans un marché libéralisé, ils sont les responsables de leurs décisions !

(1) Production – charges variables – charges de structure

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