Crise financière Des investissements dynamiques peu affectés par la hausse des taux d’intérêt

Frédéric Hénin Terre-net média

Ils reposent sur des prêts à long terme et surtout à taux fixes et non pas à court terme ou encore à taux variable.


Renforcer ses fonds propres est une priorité (© Terre-net Média)
L’agriculture française et européenne n’est pas le secteur économique le plus exposé à la crise financière de ces dernières semaines puisqu’elle n’est affectée qu’à la marge par la financiarisation de l’économie mondiale. Il n’y a pas eu dans le passé de bulle « agricole » (inflation démesurée du foncier, financement d’investissements sans réel souci de rentabilité…) comme il en a existé avec l’internet et l’immobilier !

Par ailleurs les agriculteurs ne seront pas confrontés aux mêmes difficultés de financement que les Pme dans la mesure où ils ont moins recours à des ouvertures de crédit. Leurs investissements reposent sur des prêts à long terme et surtout à taux fixes et non pas à court terme ou encore à taux variable.

Les taux d’intérêts des nouveaux prêts seront probablement plus élevés dans les prochains mois puisque le coût du refinancement interbancaire s’est accru.  

Euphorie

Mais le dynamisme du secteur du machinisme montre que les agriculteurs ne sont pas freinés dans leurs investissements alors que les taux ont été relevés en juillet ! Pour preuve les bons résultats de septembre 2008 (620 millions d’euros, +19% par rapport à septembre 2007 pour le Crédit Agricole) après huit mois euphoriques. Et si on assiste à une pause dans les prochains mois, elle interviendra après plusieurs bonnes années d’investissements !

En revanche, la crise financière actuelle démontre une fois de plus que nous sommes dans une économie très volatile. Et pour que les agriculteurs se protègent de ses excès, il est nécessaire de développer une batterie de mécanismes comme l’assurance récolte, la prévoyance, les Déductions Pour Aléas etc ... Cependant, renforcer ses fonds propres reste le meilleur rempart aux aléas financiers et aux besoins de trésorerie à venir.

A lire également sur ce sujet :

Crise financière - Pourquoi relativiser les impacts directs de la crise financière sur l’agriculture
En cliquant ici.

A paraître prochaînement :

Les niches de production rendues vulnérables par la baisse du pouvoir d’achat

Ne pas occulter les vrais problèmes structurels de l’agriculture 

Source : propos tenus par Michel Clavé, directeur de l’Agriculture et de l’Agro-Alimentaire et Caroline Halfen, responsable de l’agriculture à Crédit Agricole S.A.

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