« Cuma 2020 » Les Cuma planchent sur leur avenir

Elodie Mas Terre-net média

Faciliter la réflexion des Cuma sur leurs orientations stratégiques et construire un outil d’animation du réseau. Ce sont les principaux objectifs de l’étude prospective préventive menée par la fédération nationale. Huit profils de Cuma ont d’ores et déjà été identifiés. La preuve d’une grande diversité d’activités et de multiples possibilités pour l’avenir.


Certaines Cuma se spécialisent. (© Terre-net Média)
« La multiplicité des acteurs et des enjeux suscite des interrogations sur l’évolution de l’agriculture et donc sur l’avenir des Cuma », lance Clémence Van de Moortel, chargée de mission économique.

« Baptisée "Cuma 2020", cette nouvelle étude prospective préventive fait suite à la réorganisation de notre réseau autour de cinq pôles de coordination appui (Pca), décidée lors de notre congrès de Granville en 2002. Notre but est de construire un outil d’animation et d’aider les Cuma à définir leurs orientations stratégiques. L’avenir des Cuma n’est pas uniforme mais la prospective nous invite à anticiper. »

« Ce n'est pas une prévision, mais une réflexion »

Une quinzaine d’adhérents de Cuma, issus de toutes les régions, ont réfléchi à la question avec l’aide d’un consultant spécialisé, Joseph Lusteau, et de trois experts : un économiste, Lucien Bourgeois, le directeur de l’innovation de l’Inra, Gérard Jacquin, et le co-président de Terres en villes, Bernard Poirier. Huit profils de Cuma sont ressortis de ces échanges. « Attention, ce n’est pas une prévision mais une ouverture sur des futurs potentiels en fonction des expériences et du vécu de chacun », prévient Clémence Van de Moortel.

De même, il ne s’agit pas que chaque Cuma s’identifie obligatoirement à un ou plusieurs de ces huit profils. « C’est surtout un outil pour relancer le dialogue sur les enjeux de la Cuma. Actuellement, environ un tiers des Cuma est très actif, un tiers est dans la réflexion, et un tiers est en sommeil. Nous avons un rôle à jouer pour dynamiser ces deux derniers tiers », souligne-t-elle.

Et cette prospective préventive n’est que le lancement de l’étude. « Il y a encore beaucoup de travail à faire pour obtenir des scenarios plus tranchés avec des exemples concrets derrière. Et nous allons enrichir cette réflexion avec l’ensemble de notre réseau. »

Zoom sur les huit profils


Le FnCuma a regourpé les huit scénarios sur un schéma. (© DR)
  • La Cuma « Business » : « Elle se rapproche du modèle entrepreneurial classique ave un président, un directeur et plusieurs salariés dans une logique d’efficience économique. Les adhérents deviennent des clients qui consomment un service donc leur engagement dans la Cuma est faible. »
  • La Cuma « Ange Gardien » : « Grâce à un leader actif et un petit groupe d’adhérents solidaires, elle propose une réactivité et des innovations permettant aux agriculteurs de s’adapter aux évolutions. Elle est alors une véritable pépinière pour des projets ponctuels et collectifs. »
  • La Cuma « Fermes en commun » : « Elle porte le développement collectif : les adhérents développent ensemble une réflexion approfondie sur la façon de conduire chacun leur exploitation. Elle peut même avoir des filiales (Gie, Sarl…) pour l’approvisionnement ou la vente en commun par exemple. Elle se lance parfois dans de nouvelles activités comme la production d’énergies renouvelables, la transformation de produits à la ferme ou l’assolement en commun. »
  • La Cuma « Territoire » : « Elle élargit son champ d’action : elle créé un lien social entre différents opérateurs et en particulier entre les agriculteurs et les autres habitants. Elle n’hésite pas à organiser des opérations de communication originales (exposition de matériel agricole…) et à créer de nouvelles structures juridiques pour mutualiser des projets comme par exemple un salarié partagé entre les agriculteurs et la commune ou encore un hangar commun avec un artisan. »
  • La Cuma « Spécialisée » : « Des groupes d’agriculteurs engagés et organisés mutualisent des matériels spécifiques et des pratiques pour se spécialiser dans l’agriculture de précision, dans la pulvérisation ou dans les techniques culturales simplifiées.... » Une tendance favrorisée par la multiplication des nouvelles règlementations et des nouvelles techniques, ainsi que par l’homogénéité des bassins de production. »
  • La Cuma « Couteau suisse » : « Elle élargit ses offres de services pour un panel divers d’agriculteurs. Cette diversification va même parfois au-delà du matériel avec, par exemple, de la main d’œuvre ou des services météos personnalisés en commun. Le tout porté par un noyau dur d’adhérents. »
  • La Cuma de Cuma : « Pour disposer de matériels lourds à l’échelle de bassins de production, les Cuma locales font des alliances. Elles créent pour cela des inter Cuma et des coopératives, dites de second niveau, qui mutualisent les investissements que les Cuma de base ne peuvent pas rentabiliser. »
  • La Cuma « Alter Eco » : « L’engagement militant est très fort. Des agriculteurs désireux de produire bio, vendre en direct et maintenir une économie locale se regroupent pour travailler en commun et mener une réflexion de fond. Portée par un noyau très actif d’adhérents militants, la Cuma essaye de trouver les moyens de concrétiser un idéal avec de nouvelles pratiques. »

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