Haute-Garonne Des anti-Ogm détruisent des parcelles de colza du Cetiom

Afp

Toulouse, 16 juin 2014 (AFP) - Des militants anti-Ogm ont annoncé lundi avoir détruit neuf parcelles de présentation de colza Clearfield, qu'ils considèrent comme une « culture transgénique cachée », à Ox, en Haute-Garonne, où ils avaient été empêchés d'agir par les gendarmes le 7 juin.

« On a finalement coupé les pieds de colza Clearfield sur les neuf parcelles que nous avions repérées au milieu d'un grand champ de colza ordinaire », a expliqué par téléphone à l'Afp le « faucheur volontaire » Alain Hébrard, 72 ans, éleveur de bovins retraité.

Selon les Faucheurs volontaires, ces terres, appartenant à un agriculteur du village d'Ox sont louées par le Centre technique interprofessionnel des oléagineux et du chanvre (Cetiom) pour des démonstrations de culture de colza Clearfield. Ce produit est promu par la firme américaine Monsanto et par le groupe allemand Basf qui le présente comme « l'innovation pour un désherbage raisonné du colza ».

Les faucheurs, eux, réclament que cette variété « rendue tolérante aux herbicides par mutagenèse » soit incluse dans le champ d'application de la législation sur les Ogm. Car pour eux, ce colza a été « génétiquement modifié pour résister, après sa levée (au stade de quatre à six feuilles) à des herbicides habituellement utilisés sur céréales » et cela constitue « une aberration ». « Nous appelons les agriculteurs à ne pas céder aux mirages scientistes qui ne tiennent aucun compte de la capacité de réaction de la nature à s'adapter en développant systématiquement des résistances aux pesticides », écrivent les faucheurs volontaires dans un communiqué publié lundi.

Le 7 juin, une soixantaine de gendarmes les avait empêchés d'envahir ce même champ. Les forces de l'ordre s'étaient interposées entre ces militants et des agriculteurs et représentants du syndicat agricole Fdsea, excédés, qui dénonçaient « une forme d'intégrisme et d'acharnement des anti-Ogm qui ne laissent pas faire la recherche ».

Des faucheurs avaient déjà saccagé ce type d'essais mis en œuvre par le Cetiom en avril en Meurthe-et-Moselle et en mai en Charente-Maritime.

Le ton est encore monté entre anti et pro-Ogm depuis que les services de l'État ont détruit, le 5 juin, trois champs de maïs transgénique dans le Midi, en vertu de l'interdiction de ce type de culture en France, confirmée fin mai par le Conseil constitutionnel.


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