Barrage de Sivens Des opposants envahissent le Conseil général et sont évacués de force

Afp

Lisle-sur-Tarn (France), 9 sept 2014 (AFP) - Des opposants au projet de barrage de Sivens ont été évacués de force par la police, mardi à Albi, du Conseil général du Tarn qu'ils avaient envahi, et un manifestant a été placé en garde à vue pour violence sur agent, a-t-on appris de sources concordantes.

Mardi matin, environ 70 manifestants avaient forcé l'entrée du Conseil général du Tarn gardée par quelques policiers et s'y étaient installés. Ils exigeaient un « arrêt immédiat des travaux de déboisement » sur le site du projet public de barrage, porté par le département, et « la fin de la répression policière ».

L'évacuation du Conseil général s'est faite, en fin de matinée, de façon musclée, a constaté la correspondante de l'Afp à Albi. Des policiers en civil et en uniforme ont forcé au départ les manifestants qui s'étaient assis par terre et s'aggripaient les uns aux autres. Des manifestants ont fait état de « coups de pied » et « matraquage ». L'Afp n'a pas constaté l'usage de la matraque. Un manifestant a été interpellé et placé en garde à vue, soupçonné d'avoir blessé un commandant de police pendant la bousculade, a indiqué à l'Afp le commissaire Pierre-Marc Panazio, directeur départemental de la sécurité publique. Le policier blessé avait reçu « un coup de tête volontaire » et a été conduit aux urgences, Restés à l'extérieur du conseil général, les manifestants criaient « pour un moratoire, pour un moratoire » (sur les travaux de défrichement). Pendant leur occupation de la collectivité territoriale, ils avaient tagué sur les murs leurs slogans - « ZAD (zone à défendre) partout », « à bas le Conseil général » ou encore « Carcenac responsable criminel » - renversé des présentoirs et mis à bas une exposition d'affiches.

Un jeune homme surnommé "Verdun", un militant écologiste porte-parole des occupants du Conseil général, a dit à l'Afp : « notre petit déjeuner (sur le site du projet de barrage), c'est la lacrymo... Nous demandons que les violences cessent et l'ouverture d'un dialogue ».

Au même moment, dans la forêt de Sivens à Lisle-sur-Tarn, des militants écologistes ont affirmé que les gendarmes tentaient de les déloger des grands arbres où ils sont installés depuis des semaines pour empêcher le déboisement. « Deux hommes du Gign (groupe d'intervention de la gendarmerie nationale) ont grimpé sur notre chêne et tentent d'accéder à notre plateforme, à 18 mètres de hauteur, mais on ne les laisse pas monter, on est assis sur la trappe d'accès », a affirmé à l'Afp par téléphone un militant écologiste, Camille, 30 ans. « Nous sommes ici pour défendre la forêt, le vivant et la démocratie contre les projets imposés », a-t-il affirmé. Les gendarmes sur place n'ont pu être joint par l'Afp.

Le porte-parole d'un collectif d'opposants, Ben Lefetey, a vivement déploré la poursuite du déboisement, alors que Ségolène Royal avait annoncé lundi la création d'une mission d'expertise pour évaluer le projet. « Le chantier est reparti de plus belle avec une répression policière encore plus forte. On demande à Carcenac de respecter la justice, les experts, les opposants pacifiques et donc de suspendre les travaux », a-t-il dit.

Le déboisement de la zone du barrage, dont la construction entraînerait la disparition d'un réservoir de biodiversité de 13 ha, donne lieu à des heurts sporadiques depuis début septembre entre opposants et forces de l'ordre.


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