Accaparement de terres Des paysans africains et asiatiques se mobilisent contre Bolloré

Afp

Paris, 22 avr 2015 (AFP) - Des paysans africains et asiatiques ont annoncé mercredi le lancement d'une série d'actions de protestation contre l'« accaparement » de leurs terres par une holding dont l'actionnaire principal est le groupe Bolloré.

« Les paysans privés de leurs terres lancent une série d'occupations sur les plantations Socfin au Cameroun, au Liberia, au Cambodge et en Côte d'Ivoire qui va durer jusqu'aux assemblées générales des groupes Socfin (27 mai) et Bolloré (4 juin) », prévient dans un communiqué l'Alliance internationale des riverains des plantations Socfin Bolloré. La première action est prévue jeudi dans la plantation camerounaise de Dibombarri. Pendant trois jours, « nous allons bloquer l'usine, les bureaux administratifs et empêcher l'embauche des ouvriers de la plantation », avant de répéter l'opération dans six autres plantations camerounaises, a expliqué à l'Afp Emmanuel Elong, président de l'Alliance.

La Socfin, holding luxembourgeoise dont le capital est détenu à 39 % par Bolloré, possède des plantations de palmiers à huiles et d'hévéas dans plusieurs pays africains ainsi qu'en Indonésie et au Cambodge. L'expansion de ces plantations est « continue » depuis 2008, affirme l'Alliance des riverains, citant une hausse d'un quart des surfaces cultivées par la société en Afrique entre 2011 et 2014. « Ces expansions provoquent de graves conflits avec les populations riveraines qui sont privées de terres et voient leurs conditions de vie sans cesse se dégrader », dénoncent les riverains qui ont créé l'Alliance en 2013 après avoir été mis en relation par l'Ong française ReAct.

L'organisation dénonce un « accaparement aveugle ne laissant aux riverains aucun espace vital », la « faiblesse des compensations », une « réduction forte (...) des contributions au développement social des villages contrairement aux bonnes intentions affichées », ainsi que des « mauvais traitements » infligés aux habitants par des « gendarmes commandités » ou des employés de gardiennage privés. Le groupe « Bolloré avait accepté d'entamer un processus de négociation », avec de premières discussions à Paris en octobre, mais les « actionnaires belges historiques de la Socfin ont repoussé cette volonté d'apaisement », explique le communiqué. Bolloré a « finalement fait marche arrière et s'est aligné à la position dure des Belges », affirme le texte.


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