Sucre Échec de la médiation entre Tereos et ses betteraviers frondeurs

AFP

La médiation engagée entre Tereos, premier groupe sucrier français, et trois betteraviers frondeurs exclus de la coopérative, a échoué, a-t-on appris mardi auprès des deux camps.

I

l s'agit d'un nouvel épisode de la crise de gouvernance qui agite le 2e sucrier mondial. « Le conseil de surveillance de Tereos prend acte de la décision de mettre fin à la médiation conduite par Henri Nallet et la regrette », annonce Tereos, qui affirme avoir « tout fait pour que cette médiation  aboutisse  à une solution négociée ». Rappelant avoir proposé notamment « d'organiser des élections anticipées en décembre 2018, au lieu de juin 2019, ouverte à tous en régions, y compris à ceux qui avaient démissionné de leur mandat », le groupe désigne comme responsables de cet échec les trois betteraviers frondeurs, exclus de la coopérative pour avoir contesté la stratégie financière du groupe.

« Le conseil de surveillance de Tereos regrette vivement que l'exigence par les trois personnes exclues d'une révocation de la totalité du conseil de surveillance et de leur réintégration immédiate comme conditions préalables à tout débat n'ait pas permis à la médiation d'aboutir à une solution conforme à l'intérêt de l'entreprise et de l'ensemble des coopérateurs », indique le groupe. Tereos estime que les exclus ont privilégié « le rapport de force ».

Les frondeurs ont dénoncé eux une absence de de dialogue. « À aucun moment, nos ex-collègues du conseil de surveillance n'ont fait la moindre proposition, ni accepté la moindre avancée. Il n'y a eu aucune négociation, nos interlocuteurs ayant refusé tout dialogue », ont estimé pour leur part les coopérateurs frondeurs dans un communiqué. Ils réclament « la réintégration des exclus, l'élection générale des conseillers de région et l'élection des membres d'un nouveau conseil de surveillance dans le respect des statuts ». « On n'arrive pas à s'entendre entre élus, donc on dit quoi de plus naturel que de se mettre devant les électeurs, devant les coopérateurs, de redémarrer à zéro », a expliqué à l'AFP Gilles Bollé, un des coopérateurs exclus.

Dans un geste d'apaisement, le groupe Tereos avait annoncé début septembre la tenue d'élections anticipées afin de pourvoir les mandats de représentants de coopérateurs qui ont démissionné fin juillet pour dénoncer une « gouvernance défaillante » de la coopérative. Actuellement, 70 conseillers de région (sur 172), représentant 7 500 des 12 000 coopérateurs et cinq usines sucrières du Nord, manquent à l'appel après une démission en bloc, un épisode parmi d'autres de la crise de gouvernance qui touche le groupe depuis le début de l'été.

En ce qui concerne le conseil de surveillance, seul un tiers de celui-ci doit être réélu en juin prochain, lors de la prochaine assemblée générale plénière. Or, les coopérateurs exclus souhaitent leur réintégration et également une élection de l'ensemble de cette instance, dès décembre prochain. À cet effet, ils indiquent avoir réuni 2 400 signatures, soit 20 % des coopérateurs pour organiser des élections générales anticipées et comptent ne pas s'arrêter en si bon chemin : « On va continuer à en récolter, parce qu'on veut en avoir 3 000 pour que ça puisse avoir un écho plus grand, et que toutes les régions soient concernées », a indiqué Gilles Bollé.


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