Etiquetage des miels, plan pollinisateur Les apiculteurs veulent des avancées

AFP

L'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) a demandé jeudi de la « visibilité » concernant la mise en place de l'étiquetage des miels et du plan pollinisateurs, dont la mise en œuvre a pris du retard.

En mai 2020, le Parlement adoptait un texte destiné à offrir une meilleure information aux consommateurs sur les produits alimentaires. Une des mesures prévoyait que pour les mélanges de miels en provenance de plusieurs pays, l'étiquette du pot indique la liste de tous les pays d'origine, par ordre décroissant d'importance. L'obligation devait aussi s'appliquer à la gelée royale. Un an plus tard, cette disposition n'est toujours pas appliquée, le gouvernement français ayant tardé à signaler cette disposition à la Commission européenne. « L'étiquetage devait prendre effet en janvier 2021, nous sommes en mai, rien n'est fait », a déploré Henri Clément, secrétaire général de l'Unaf, lors d'une conférence de presse en ligne. Les apiculteurs demandent aussi de la « visibilité » concernant le plan pollinisateurs, a fait savoir Pauline Jullien de l'Unaf.

Ce plan a été promis par le gouvernement quand il avait annoncé la réintroduction temporaire des insecticides néonicotinoïdes, qualifiés de « tueurs d'abeilles », pour la culture de la betterave. Ce plan, qui vise à traiter l'ensemble des facteurs menaçant les pollinisateurs, intervient alors que l'effondrement des populations d'insectes pollinisateurs, dont les abeilles, menace des productions agricoles. En France, 70 % des cultures dépendent de la pollinisation. Il prévoit notamment de revoir une réglementation sur les abeilles datant de 2003, que l'Unaf juge « inadaptée et non suffisamment protectrice », et « la mise en application des lignes directrices de l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) pour l'évaluation des risques des pesticides sur les abeilles, en discussion au niveau européen ». Selon les représentants de l'Unaf, une mesure phare consiste à étendre l'interdiction de traitement (aujourd'hui applicable uniquement aux insecticides) à tous les pesticides dont herbicides et fongicides, sur les cultures attractives en floraison.

Les agriculteurs auraient toujours la possibilité de traiter avec des produits portant la mention "abeilles", censés lors de leur application ne pas intoxiquer les abeilles, avec des traitements nocturnes. « La FNSEA (premier syndicat agricole) freine des quatre fers », a regretté le président de l'Unaf Christian Pons. « Depuis que nous avons Julien Denormandie (comme ministre de l'agriculture), aucun dossier en faveur de l'apiculture n'a évolué dans le bon sens, aucun », a-t-il encore déploré.


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