Lait Face à la baisse des prix, les producteurs menacent de se mobiliser début 2004

AFP

Affectés par la baisse des prix, les producteurs laitiers français menacent de mener des actions à partir de janvier 2004 si leurs problèmes ne sont pas pris en compte et demandent la création d'un fonds national de régulation des marchés.

"Il faut sauver le secteur laitier car nous sommes dans une situation catastrophique où cela peut complètement exploser", a lancé Henri Brichart, président de la FNPL (Fédération Nationale des Producteurs de Lait), mercredi 19 novembre 2003, lors d'une conférence de presse. "Ou tout le monde travaille ensemble ou cela va mal se passer. S'il faut se mobiliser, on se mobilisera car on est à un tournant important", a ajouté le président de la FNPL, sans préciser le type d'actions qui pourraient être menées début 2004.
Depuis deux ans, le prix du lait payé aux producteurs a baissé en moyenne "de 4 à 5%", a souligné Régis Chevalier, directeur général de la FNPL. "Plusieurs producteurs riquent de ne plus être collectés s'ils refusent en janvier prochain une nouvelle baisse de leurs prix", a affirmé M. Brichart. Industriels et producteurs de la FNPL, organisation spécialisée de la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles), se sont mis d'accord pour recommander un recul moyen de 2,57 euros par mille litres de lait au quatrième trimestre 2003 par rapport au quatrième trimestre 2002, soit une baisse de 0,83%.
Actuellement, la France se trouve face à une surproduction de "1 à 2%" par rapport aux besoins du marché, selon la FNPL, pour une collecte laitière qui s'est élevée à 22,946 millions de litres en 2002. La France, avec 400 000 personnes (dont 310 000 dans les exploitations) travaillant dans la filière, se situe à la sixième place mondiale en termes de production laitière.
Opposés à la réforme de la PAC (Politique agricole commune), adoptée en juin dernier, les producteurs affirment cependant qu'ils ne veulent pas renouveler "l'erreur" qu'ils avaient commise au milieu des années 80, en s'opposant à la mise en place des quotas laitiers, après leur création. "Mais il n'est pas facile de travailler sur une réforme (celle de la PAC, ndlr) qu'on juge inutile et coûteuse", a reconnu le président de la FNPL.
Les producteurs de lait se sont toutefois mis d'accord pour demander au gouvernement français la création, à titre temporaire, d'un Fonds de régulation des marchés afin de compenser les effets négatifs, selon eux, de la réforme de la PAC. Ce Fonds permettrait notamment une aide au stockage privé, de conforter la promotion collective des produits laitiers et une certaine péréquation entre les producteurs afin d'éviter que certains d'entre eux voient leurs prix baisser tandis que d'autres ne seraient pas affectés. Enfin, la FNPL souhaite que le gouvernement français avance à 2005 l'application du "découplage" (des aides communautaires par rapport à la production) au lieu de 2007.



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