Gel, grêle, orage... Face aux aléas météorologiques, les vignerons pourront stocker davantage de vin

AFP

Les réserves de vin (volume complémentaire individuel ou VCI) autorisées lors des années fastes et servant à compenser des récoltes faibles les années suivantes, vont être augmentées comme le demandaient les viticulteurs girondins, ont annoncé jeudi l'Inao et la préfecture de Gironde.

Cette mesure, qui permettra « de pallier les variations de récoltes », était réclamée par les vignerons pour faire face aux aléas climatiques après le gel l'année dernière et la grêle qui a fortement impacté de nombreux domaines viticoles le mois dernier. Ces stocks étaient limités par la réglementation à 10 % de la récolte par an, soit 30 % maximum de réserve constituable sur trois ans. Ainsi, si une propriété récolte 50 hectolitres par hectare, elle peut chaque année mettre de côté 5 hectolitres. Sur trois ans, cela représente 15 hectolitres de réserves.

Les viticulteurs pourront dorénavant stocker 20 % de leur récolte chaque année, pour atteindre au maximum la moitié d'une récolte sur trois ans. Le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, Didier Lallement, et le président du comité régional de l'Institut national d'origine et de qualité (Inao) Aquitaine, Bernard Farges, ont salué ce changement, qui doit toutefois être entériné par les appellations. « Cette décision permettra de renforcer la résilience des exploitations face aux aléas climatiques et à leur récurrence, en jouant un rôle équivalent à celui d'une assurance récolte », ont-ils estimé dans un communiqué commun. « Il permet de pallier les variations de vendanges en tirant profit des années exceptionnelles où rendement et qualité se conjuguent au bénéfice de celles victimes de faibles rendements, notamment suite à des accidents climatiques », ont-ils poursuivi.

Le VCI pour les vins liquoreux, qui n'existait pas jusque-là, sera expérimenté dans les appellations Monbazillac (Dordogne), Sauternes et Barsac (Gironde). Ces décisions du comité national de l'Inao devront s'accompagner de modifications des décrets avant de pouvoir être appliquées, a précisé le communiqué.

Lors du dernier week-end de mai, de violents orages de grêle ont dévasté près de 7 100 hectares de vignes dans le Bordelais et plus de 10 000 ha dans le bassin Charente-Cognac. En avril 2017, le gel avait touché quelque 60 000 hectares de vignes en Gironde, réduisant de 40 % la récolte. Sur l'ensemble du territoire français, les volumes ont baissé de 19 % en raison des aléas climatiques.


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